Sberbank acquiert une banque autrichienne

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Peu internationalisée, la banque russe veut se servir de VBI comme d'un tremplin pour gagner des parts de marché en Europe de l'Est et en Turquie.

Jusqu'alors peu concurrencés par les banques russes en Europe de l'Est et dans les Balkans, les établissements bancaires occidentaux vont devoir compter sur les ambitions de ces nouveaux entrants. Ainsi, Sberbank, la première banque russe (318 milliards de dollars d'actifs) va prendre pied dans les pays de l'Est en rachetant à la quatrième banque autrichienne Oesterreichische Volksbanken (ÖVAG), sa filiale internationale VIB, présente notamment en Roumanie et Hongrie. Aucun montant n'a été dévoilé mais selon plusieurs sources bancaires, la transaction serait comprise entre 670 et 760 millions d'euros. De quoi faire de ce rachat le plus important jusqu'alors jamais réalisé par une banque russe au-delà des frontières de l'ancienne Union soviétique.

Pour l'heure, les banques russes restent peu tournées vers l'étranger. Pour preuve, Sberbank, la plus internationalisée d'entre elles, ne réalise que 2,3 % de son activité hors de ses frontières. Elle n'est présente que dans trois pays proches : Ukraine, Biélorussie et Kazakhstan. « Jusqu'à présent les banques russes avaient suffisamment d'opportunités de croissance sur le seul marché domestique mais, depuis la crise, le marché russe a nettement ralenti et est devenu beaucoup plus compétitif », juge un analyste russe. D'où la tentation d'aller voir ailleurs. « Pour Sberbank, le rachat de VIB devrait servir de tête de pont à de nouvelles acquisitions en Europe centrale, de l'Est et en Turquie », explique le président de la banque russe, German Gref, dont l'objectif est de doubler son activité à l'étranger d'ici à 2014 pour atteindre 5 % et de rivaliser avec Raiffeisen et UniCredit dans cette zone géographique. Avec VIB, il fait donc un premier pas tangible : le groupe est implanté dans neuf pays d'Europe de l'Est et des Balkans. Outre la Roumanie et la Hongrie, VIB est aussi présent en Croatie, Slovaquie, Slovénie, Serbie et Ukraine. Soit 13,7 milliards d'euros d'actifs. Pour autant, la filiale roumaine (4,8 milliards d'euros d'actifs) a été exclue de la transaction en raison de son lourd endettement.

Selon les médias autrichiens, ÖVAG aurait cédé cette filiale en vue de lever de l'argent pour rembourser l'État qui l'avait recapitalisée lors de la crise à hauteur de 1 milliard d'euros. En avril, elle a déjà remboursé 300 millions d'euros. ÖVAG n'est cependant pas la seule actionnaire de VIB. Majoritaire à 51 %, elle partage son tour de table avec le français BPCE, d'une part, et les allemands DZ Bank et WGZ Bank, de l'autre, présents à hauteur de 24,5 % chacun. « Tous les actionnaires ont validé la vente de VBI », selon la société qui précise vouloir finaliser cette transaction d'ici à fin 2011. Marjorie Bertouille

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