Dès le premier regard, la première poignée de main, Sandrine Stojanovic dégage le subtil équilibre de deux forces au prime abord étrangères : une élégante maîtrise professionnelle et une profondeur qui laisse place à la fragilité. "Je ne suis pas quelqu'un qui parle de moi, je suis plutôt dans l'accompagnement ", prévient-elle très vite.
Dans l'exercice de l'interview, elle s'exprime avec une grande lucidité. Cela fait dix ans qu'elle dirige Elyséa, une société de conseil en ressources humaines qu'elle a créée à Lyon. Auparavant, elle s'est attelée à l'audit des organisations pour l'un des "big five", EY (ex Ernst & Young), avec pour bagages des études en droit, en RH et en psychologie clinique. Puis elle a eu envie d'autre chose. "Je me lasse vite". Elle accompagne alors le développement d'un groupe de travail temporaire.
Avec le besoin "de se réaliser" et d'être en phase avec elle-même, elle crée sa société. Au démarrage, elle essuie quelques déceptions.
Aujourd'hui, elle salarie trois personnes et emploie un réseau de consultants. Elle use de confiance et de bon sens et n'impose rien qu'elle ne supporte de se voir imposer.
Cette femme sait étonnamment réagir aux aléas, comme la crise qui fait temporairement chuter l'activité et la laisse sans salaire pendant un an. Mais aussi la maladie. Pas de quoi l'arrêter. Son positionnement est troublant. Quand les médecins lui expliquent l'épreuve à affronter, elle "s'organise". Elle mêle peu ses soucis personnels à la sphère professionnelle, sauf si on l'interroge. Alors elle répond "pour lever l'inquiétude".
Sa famille reste une priorité, un socle. Sa profession, une nourriture vitale. "Ce qui m'a sauvée, c'est le travail. J'aime mon métier et je suis bien entourée. Quand j'ai un problème, je vais puiser au fond de moi, mais je ne me renferme pas." Si elle se dit "discrète" et craint d'être "mise en avant", il y a trois ans, elle accepte la présidence du Pôle femmes de la CGPME du Rhône. "Ce qui m'intéresse, c'est la relation que je partage avec les individus."
De la même manière, elle a accepté un mandat au conseil économique, social et environnemental régional (Ceser) Auvergne Rhône-Alpes. Dans cette instance aux collèges parfois divergents, elle n'hésite pas à entamer les rencontres.
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En effet, dès qu'elle le peut, de manière informelle, entre deux dossiers, deux soins, elle accompagne des personnes - surtout des femmes - qui ont besoin d'un appui pour repartir dans la vie active. Après la maladie, une vie de mère au foyer ou un dépôt de bilan.
Elle prévoit de structurer ce soutien en créant une association où la côtoieraient des psychologues et des coaches. "Dans la vie, même si nous pouvons rester blessés, nous avons tous une capacité de résilience."
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