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ÉVÉNEMENTS - La Tribune ToulouseConférences-débats - La Tribune Toulouse

La baisse du prix du pétrole et celle de l’euro offrent aux entreprises de Midi-Pyrénées des perspectives à l’international

Boris Georgelin

Publié le 30 janvier 2015 à 15:06 - Mis à jour le 02 février 2015 à 12:57

Le Quotidien Numérique

13 juin 2026

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A-t-on des raisons d’espérer pour 2015 ? La reprise se profile-t-elle ? À l’occasion du lancement du Book Éco 2015, le guide des entreprises de Midi-Pyrénées, La Tribune - Objectif News a organisé au Pullman Toulouse Centre une conférence-débat le 29 janvier sur le thème : “L’économie de Midi-Pyrénées, quelles perspectives pour 2015 ? Perspective à l’international, clés de l’innovation.”

La soirée débute par un état des lieux de la situation régionale, avec l'évaluation de ses forces et de ses faiblesses. Midi-Pyrénées produit 3,9 % de la richesse nationale avec un produit intérieur brut de 80 milliards d'euros. Son atout principal porte un nom : Airbus, chef de file d'une filière aéronautique et spatiale qui emploie à elle seule 20 000 personnes. Sans oublier le secteur des technologies de l'information et de la communication qui prend une place de plus en plus conséquente. Mais cet atout aérospatial est aussi une faiblesse : la dépendance à une mono-industrie avec le risque toujours présent de délocalisations.

Derrière l'arbre Airbus, il y a la forêt des TPE et des PME puisque 90 % des entreprises de la région comptent moins de 10 salariés. Le taux de chômage constitue aussi un indice préoccupant avec, au 31 décembre 2014, une augmentation sur un mois de 1,1 % et sur un an de 6,8 %, soit 10,3 % de la population active. Bilan contrasté donc, à l'échelle régionale, mais quid des perspectives françaises et internationales ?

La parité euro / dollar fin 2015 ?

Benoît Rodriguez, économiste chez Crédit Mutuel - CIC Securities, trouve dans la situation actuelle des raisons d'espérer : "2015 démarre sous de bons auspices, estime-t-il. Avec deux effets positifs : l'effondrement du prix du pétrole, qui sera durable, et la baisse de l'euro. Cette dernière apportera une contribution importante à l'accélération de la croissance cette année en générant des gains de compétitivité pour les entreprises européennes à l'international."

L'international comme remède à la crise ? Les intervenants de la table ronde en sont tous convaincus, même si leurs analyses peuvent être nuancées sur les enjeux et les modalités de cette orientation à l'export.

Pour Benoît Rodriguez, "une combinaison de facteurs va permettre à l'euro de baisser de plus en plus avec comme cible la parité : 1 dollar pour 1 euro d'ici à décembre".

Une perspective qui n'enchante pas forcément Catherine Mallet, directrice financière d'Actia Group, une ETI qui réalise pourtant 65 % de son chiffre d'affaires à l'international. "Je suis moins optimiste sur la parité euro/dollar, confie-t-elle. Je ne verrai les effets de la parité sur la compétitivité que dans quelques années. En revanche, j'achète dès aujourd'hui des pièces en dollar. Une parité à 1 dollar à la fin de l'année, cela ne m'intéresse pas, j'étais très bien avec 1,35 dollar".

Priorité à l'investissement et à l'agilité

Pour Valérie Rabault, rapporteure générale du budget à l'Assemblée nationale, la synthèse proposée par l'économiste est parlante, mais il faut démultiplier cette bonne orientation de la croissance, en agissant sur un levier précis : "Il faut que la zone euro retrouve sa capacité à investir en allant plus loin que le plan Juncker. Certains économistes estiment à 260 milliards d'euros le montant des investissements nécessaires. Les Allemands en sont convaincus aujourd'hui, et cela n'a pas été toujours le cas."

L'intervention d'Éric Rogari, directeur adjoint de la société Valab, une TPE spécialisée dans le domaine de la biologie médicale, ramène le débat à des considérations très pratiques. "Avec un produit très innovant comme le nôtre, nous avons besoin de nous faire connaître sur un nouveau marché mais pour une très petite structure, il n'est pas facile d'aller à l'étranger sans un distributeur local."

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Cédric Barbe, directeur général de Dedienne Aerospace, une ETI en très forte croissance spécialisée dans les outillages de maintenance aéronautique qui réalise 87 % de son chiffre d'affaires à l'international, est preneur de toutes ces analyses. L'export, pour sa société est avant tout un moyen de limiter les dépendances : aux clients, aux zones géographiques, aux fluctuations des devises. S'il devait donner un seul conseil aux chefs d'entreprise désireux de se développer à l'international, ce serait de "profiter de la présence des 120 000 étudiants formés chaque année dans la région, c'est un vivier extraordinaire".

Pour Vanessa Vierling, directrice de Spring Lab, structure qui accompagne les entreprises notamment dans la stimulation de leur innovation, la solution viendra du numérique. ""Quand on initie une démarche digitale, elle s'inscrit d'emblée à l'international. Les grands groupes à l'instar d'Airbus en ont conscience aujourd'hui, l'innovation n'est plus l'apanage des ingénieurs ou des chercheurs, le spectre est plus large, il faut s'inspirer des start-up et imaginer des passerelles avec elles.

Des amendements à la loi Macron

Pour des ETI déjà fortement implantées à l'étranger et très internationales, la problématique de l'export n'en est plus une, elle fait partie de leur ADN. Mais pour les entreprises qui n'ont pas encore amorcé la démarche, comment se faire aider ? L'aide publique à l'export est-elle efficace ?

La réponse de Valérie Rabault est cinglante : "L'export est souvent le parent pauvre des politiques publiques. On vote chaque année des garanties mais surtout pour les grands groupes. On est très en retard pour accompagner les PME, par exemple sur l'assurance prospection. L'Allemagne a un montant d'assurance dix fois supérieur au nôtre, or elle n'a pas dix fois plus d'entreprises qui exportent. Cette proposition fait partie d'une série d'amendements que j'ai déposé, en tant que rapporteure générale du budget, pendant l'examen de la loi Macron. Parmi eux, je propose d'introduire une différenciation dans l'aide qu'on apporte aux entreprises, en se focalisant davantage sur les TPE et les PME. Je souhaite aussi réserver le crédit impôt recherche aux groupes consolidés, pour éviter l'effet d'aubaine dont certains profitaient en multipliant les filiales touchant chacune ce crédit. Enfin, j'ai déposé un amendement pour protéger les créateurs d'entreprise, pris dans un étau : soit ils font rentrer un nouvel investisseur majoritaire - souvent un grand groupe qui profite de leur innovation et prend la main - soit ils restent seuls donc limités dans leur capacité d'endettement. Si le nouvel actionnaire majoritaire prend une décision allant à l'encontre de l'entreprise, un dédommagement de l'entreprise ou de l'actionnaire minoritaire serait désormais prévu."

Valérie Rabault insiste enfin sur un point fondamental : la protection de la propriété intellectuelle des PME. "Il faut 36 000 euros pour déposer un brevet pour le monde entier pour une entreprise française, contre 1 500 aux États-Unis, rappelle-t-elle. Les PME sont lestées dès le départ."

À lire également

  • Soirée de lancement du Book Éco 2015

Pour clore la table ronde, les différents intervenants partagent une dernière analyse, qui se révèle particulièrement positive. Pour Benoît Rodriguez, "il faut arrêter de broyer du noir ! Nous sommes une des premières puissances économiques mondiales." Pour Cédric Barbe et Catherine Mallet il faut "oser" l'international. Le dernier mot est pour Pascale Ribault, PDG de CIC Sud-Ouest : "N'oublions pas de parler de confiance, elle est porteuse de beaucoup de résultats."

Boris Georgelin

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