Toulouse, open métropole : les temps forts du Forum Smart City

Sophie Arutunian

Sophie Arutunian
Hier, mercredi 7 décembre, s'est déroulé le 2e Forum Smart City Toulouse.
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Voici les temps forts de cette journée :
Le président de Toulouse Métropole Jean-Luc Moudenc a inauguré le village des startups, qui rassemblait une dizaine d'entreprises impliquées dans la smart city.
© photo Bernard Aïach - Ville de Toulouse
Le vice-président de Toulouse Métropole en charge du Numérique Bertrand Serp a ouvert le 2e Forum Smart City, qui a été l'occasion pour la collectivité de dresser le bilan de sa stratégie en matière d'open métropole. Au total 4 600 citoyens ont été consultés et 56 entreprises sont impliquées dans le processus de co-construction lancé par Toulouse Métropole.
Bertrand Serp ©photo Rémi Benoit
Pierrick Thébault, lead designer chez Qwant, a dressé un scénario où les données personnelles de chacun ne seraient plus dans des serveurs gérés par des entreprises privées. Pour ce spécialiste du big data, les données personnelles et collectives recueillies dans les villes via caméras et capteurs doivent être mises à disposition de l'intérêt collectif et, surtout, maîtrisées par tout un chacun.
Pierrick Thébault ©photo Rémi Benoit
L'entrepreneur Aurélien Clauzel a présenté son application QuiDitMiam!, qui sera bientôt disponible au niveau national. Objectif : "Créer une communauté de parents et d'enfants pour jouer sur la qualité de la nourriture dans les cantines."
Aurélien Clauzel ©photo Rémi Benoit
L'ouverture des données et la consultation des citoyens étaient au cœur de la première table ronde, qui a réuni Mélanie Tisné-Versailles (Laboratoire des Usages), Fabrice Casciani (EDF), Mustapha Derras (Berger-Levrault), Hafid El Mehdaoui (Comm1possible, dont une des Nacelles était installée dans la cour de l'Hôtel de ville), Carlos Moreno (Live in a living city), Bertrand Serp (Toulouse Métropole) et Alain Staron (Veolia).
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Pour Carlos Moreno, "le Laboratoire des Usages est une spécificité toulousaine qui permet d'associer les citoyens à la création de services, ce qui montre que Toulouse est très impliquée dans le combat pour redonner la donnée aux citoyens".
L'intervention de Mustapha Derras a été remarquée car il fustige le terme de smart city :
Pour Alain Staron, "l'intelligence artificielle imprègne tous nos murs, nos planchers et nos objets. Les objets qui font les choses à notre place, par exemple la voiture paye toute seule le péage... La ville est de plus en plus vivante, comme dotée d'un cerveau."
Carlos Moreno, Mélanie Tisné-Versailles, Bertrand Serp et Fabrice Casciani ©photo Rémi Benoit
Francis Jutand, directeur adjoint de l'Institut national des Mines-Télécom, a dressé un portrait original du "numérique", assurant qu'il agit comme un "pharmakon": à la fois solution et poison. Une solution pour la productivité, l'allègement des tâches pénibles, l'amélioration de la sécurité, etc. Mais, "contrairement aux machines, l'humain est capable de penser 'out of the box', il crée, il invente. Le risque avec le numérique est de perdre des compétences et des métiers, il faut y veiller", a-t-il préconisé.
"La perte de contrôle des objets et systèmes complexes peut mener au désordre", ajoute-il.
Pour Francis Jutand, un nouveau "jeu de valeurs s'offre à nous" : "Coopération au lieu de compétition, usage au lieu de propriété, talent plutôt que position, loyauté plutôt que transparence, données ouvertes plutôt que données dormantes, etc." Ce nouveau paradigme redéfinit selon lui les notions d'efficacité, de soutenabilité, d'innovation, et de confiance.
Francis Jutand ©photo Rémi Benoit
Comment déplacer de plus en plus de monde tout en préservant l'environnement ? Cette question essentielle a été débattue par plusieurs acteurs de la mobilité : Xavier Salort (EasyMile), Jean-Louis Pech (Actia), Jean-Michel Lattes (Tisséo), Éric Hayoun (Caisse des Dépôts), Thierry Grangetas (GRDF) et Mireille Apel-Muller (Institut pour la ville en mouvement). La question de la livraison du dernier kilomètre et celle des véhicules autonomes ont été abordées.
Mais pour Mireille Apel-Muller, la ville est aussi un espace qui peut sembler dangereux ou menaçant certaines personnes : "la ville n'est pas seulement faite de monuments et d'avenues, mais aussi de tunnels, de passerelles, d'escalators, souvent négligés, à tort, et qui peuvent dissuader certaines personnes de sortir. Dans beaucoup de villes, les quartiers d'habitation sont séparés du centre commercial par une autoroute, que l'on ne peut franchir que par une passerelle sordide..."
©photo Rémi Benoit
Trois prix ont été remis à des initiatives citoyennes dans le cadre de l'appel à projets "Co-constuire l'open métropole" : Cathy Sie a reçu le prix Bonne Idée, le Comité de quartier Saint-Cyprien a reçu le prix Coup de pouce et l'association Allô Bernard a reçu le prix Coup d'Envoi.
La dernière table ronde a permis à plusieurs personnes de différents horizons de pouvoir s'exprimer sur l'opportunité d'investir dans la smart city. En premier lieu, Andreea Strachinescu, de la Commission européenne, a expliqué les efforts mis en place par l'UE notamment en matière d'énergie et d'environnement, mais aussi dans le financement des infrastructures locales. Elle a rappelé que l'UE finance à hauteur de 9,8 M€ la 3e ligne de métro à Toulouse.
Autre intervention remarquée, celle de Lene Lad Johansen, smart city project manager de la ville d'Oslo, ville dans laquelle "15 000 sociétés nouvelles s'installent chaque année".
Didier Beigbeder (Icade), et Benoit Brient (Suez) ont expliqué pourquoi, en tant que grands groupes, il était indispensable de se positionner sur la ville connectée. Didier Beigbeder a notamment annoncé qu'Icade développe à Toulouse un campus numérique "totalement innovant et qui correspond aux usages des étudiants". Même volonté pour Raphaël Catonnet d'Oppidea :
Benoit Brient, de son côté, a assuré que, grâce au développement de la smart city et de nouveaux projets innovants, "on parle avec des groupes avec lesquels on n'aurait pas parlé il y a encore 5 ans, comme Bouygues ou Vinci par exemple".
Enfin, le startupper Pierre Osswald, de CitizenFarm, a exposé comment la ville peut être à la fois productive et protectrice de l'environnement, notamment grâce aux fermes urbaines.
Raphaël Catonnet ©photo Rémi Benoit
Déborah Parès, de la startup Télégrafik, a "pitché" sa société, en annonçant qu'une levée de fonds est en cours de finalisation pour accélérer le développement à l'international de sa solution Otono-me.
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Didier Bosque, directeur de l'innovation de Sopra Steria, a lancé au nom d'Aerospace Valley un appel à projets à destination des entreprises sur la thématique de la ville de demain. Toulouse Métropole accompagnera les porteurs de projet et ouvrira les données nécessaires dans le cadre de l'open data.
Sophie Arutunian