Bordeaux avance ses pions de "smart city"

Mikaël Lozano

Mikaël Lozano
Bordeaux sort d'une période de profonds changements, ce qui ne veut pas dire que sa transformation est terminée. Moins grise, plus dynamique, davantage marketée également, la capitale girondine est jalonnée de dizaines de grues en tous points de l'horizon.
Deux gros équipements ont été livrés il y a quelques mois, la Cité du vin et le Matmut Atlantique, antre des Girondins de Bordeaux, en attendant la grande salle de spectacles qui voit le jour, rive droite, à Floirac. Le tramway poursuit son extension, avec une nouvelle ligne en cours de construction et sans doute bientôt un lien direct vers l'aéroport. Pour ce qui est du train, la ligne à grande vitesse mettra Paris à deux heures et quatre minutes de Bordeaux à compter du 2 juillet prochain.
Autour de la gare, l'opération d'intérêt national Bordeaux Euratlantique dotera la ville d'une nouvelle porte d'entrée plus séduisante. Aux Bassins à flot, beaucoup d'immeubles sont déjà sortis de terre mais les engins de chantier vont continuer leur ballet pour quelques années encore. Rive droite aussi, tout s'accélère. Le programme "50.000 logements" bat son plein aux quatre coins de la métropole.
Les défis ne manquent donc pas. Confrontée à d'importantes arrivées de population, Bordeaux doit absolument améliorer certains points. Assurer une mobilité plus aisée en fait partie. Et, alors que la ville a enregistré une progression de 4 % de ses prix l'an passé selon les notaires, soit une des plus grosses envolées en France, maîtriser les tarifs de l'immobilier est nécessaire, sous peine de repousser les ménages les moins fortunés au-delà des frontières de la métropole... et aggraver encore les congestions routières. La métropole bordelaise fourbit ses armes.
Apôtre de la planification stratégique, elle peut compter sur la coopération de grands groupes mais aussi de belles startups pour faire émerger de nouveaux services. Sur la thématique très transverse de la smart city, beaucoup tirent leur épingle du jeu. Sur le segment de la mobilité, Qucit jongle avec les données urbaines pour fluidifier et faciliter la vie des usagers... Parking facile cherche à optimiser les places privées restant vacantes toute la journée. Gazelle Tech avance vite sur son projet de véhicule électrique ultraléger et facilement assemblable dans des micro-usines au plus proche des clients. D'autres, comme iQSpot, aident les entreprises et les collectivités à mieux maîtriser leur consommation énergétique tout en impliquant et sensibilisant leurs collaborateurs. Les exemples sont nombreux.
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Pour encourager l'innovation et mettre les startups à l'épreuve des faits et de la réalité économique, la métropole vient de se doter d'un nouvel outil baptisé Bordeaux Métro Pulse, dérivé du Tube à expérimentations urbaines (TUBÁ) créé à Lyon. Physiquement, il ne s'agit que d'un local de 160 mètres carrés hébergé dans les locaux bordelais du siège régional du groupe La Poste, parrain de l'initiative avec Bouygues Immobilier, Sopra Steria et Veolia. Mais la philosophie est plus ambitieuse :
Un véritable living lab consacré à la smart city et pensé pour associer les citoyens, les associations... qu'il accueille volontiers dans ses murs. Car on y revient sans cesse : la ville ne sera smart que si elle associe ses habitants et si ces derniers retrouvent sérénité, confiance et plaisir d'y vivre en délaissant le fracas urbain.
L'heure est venue de la "happy city" !
Inscriptions : https://bit.ly/SmartcityBdx2017
Cette troisième édition du Forum Smart City Bordeaux est consacrée au thème "Sérénité et confiance, la ville heureuse". En effet, le succès de la ville de demain ne doit pas être vu que sous l'angle de la technologie. Le solutionnisme technologique a vécu et, progressivement, une nouvelle réflexion s'organise, centrée sur le bien-être et le bien-vivre ensemble des habitants du territoire. Une ville plus smart, oui, mais aussi plus heureuse ! Mobilité, logement, numérique, énergie... sont autant de leviers sur lesquels agir dans cette optique d'une métropole.
De nouvelles stratégies doivent voir le jour. Elles impliqueront nécessairement tous les acteurs : collectivités, opérateurs, urbanistes, entreprises petites et grandes... et bien sûr les citoyens, qui ne doivent pas être exclus de ces questions. Au contraire : la smart city entrera dans son âge de raison quand elle aura redonné un peu de sérénité. Moins de défiance, plus de confiance, tel est le défi.
Smart City Bordeaux sera articulé autour de quatre grandes séquences, décrites ci-après.
Le modèle de mobilité en vigueur dans les métropoles aujourd'hui ne fonctionne plus. Générateur de stress, de tension, de pollution... Mais à mesure que les transports en commun continuent à se développer, que la multimodalité entre dans les moeurs, des pistes se font jour. La voiture autonome toque à la porte.
À quoi ressemblera le logement de demain ? On l'imagine aisément bardé de capteurs, ultra-connecté, économe en énergie. Mais après ? Dans le prolongement de la mobilité, l'urbanisme est un enjeu majeur des métropoles de demain avec en point de mire, un objectif limpide : rendre la ville plus humaine et les citoyens plus heureux d'y vivre. Le logement doit offrir de nouvelles formes urbaines et permettre de renouer les liens entre habitants.
Les données se multiplient au fur et à mesure que les technologies se développent. En arrière-plan, les questions qui se posent sont multiples. Qu'impliquent leur profusion et le flou juridique en matière de sécurité ? Quels rôles pour le public, pour les entreprises du numérique qui exploitent ces données, pour les collectivités locales et les États ? Et surtout, comment redonner un peu de sérénité aux citoyens alarmés par la diffusion non-contrôlée de leurs données, les piratages, les détournements ?
Une ville plus smart cherche à répondre à plusieurs enjeux essentiels, dont celui de l'énergie. Dans ce contexte, les différents acteurs vont devoir rendre leurs données plus smarts et les collectivités, plus particulièrement les métropoles, se saisissent des opportunités générées par ces nouvelles informations pour mieux « lire » leur territoire et les aménager en conséquence.
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SÉRÉNITÉ ET CONFIANCE, LA VILLE HEUREUSE
JEUDI 18 MAI, au PALAIS DE LA BOURSE, 17 PLACE DE LA BOURSE, BORDEAUX
8h30 - OUVERTURE
Mikaël Lozano, rédacteur en chef de La Tribune Bordeaux, et Carlos Moreno - Président du comité scientifique du forum international Live in a living city.
8h50 - KEYNOTE
Tania Concko - Fondatrice de Tania Concko architects urbanists, Prix Femme architecte 2016 catégorie Œuvre originale.
>> TRANSPORTS ET INNOVATIONS, QUELLE MOBILITÉ DEMAIN ?
9h05 - KEYNOTE
Bruno Marzloff - Sociologue, fondateur du cabinet Chronos.
9h20 - TABLE RONDE
10h - KEYNOTE
Patrick Ropert - Directeur général de SNCF Gares et connexions.
>> LOGEMENT ET TERRITOIRES, QUELLE VIE URBAINE ?
10h15 - TABLE RONDE
11h20 - KEYNOTE
Manuelle Gautrand - Présidente de l'Académie d'architecture française.
>> SÉRÉNITÉ NUMÉRIQUE : L'AVENIR EST-IL À LA CONFIANCE ?
11h35 - KEYNOTE
Nicolas Curien - Membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel, membre fondateur de l'Académie des technologies.
11h50 - TABLE RONDE
12h50 - CONCLUSION DE LA MATINÉE
Virginie Calmels - Vice-présidente de Bordeaux Métropole, adjointe au maire de Bordeaux chargée de l'Économie, de l'Emploi et de la Croissance durable.
>> L'ÉNERGIE AU CARREFOUR DES ENJEUX
14h - KEYNOTE
Roch Drozdowski-Strehl - Directeur délégué du projet REIDS, Institut de recherches pour l'énergie de la Nanyang Technological University à Singapour.
14h15 - ENTRETIEN
Thierry Gibert - Directeur régional d'Enedis Aquitaine Nord.
14h25 - TABLE RONDE
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