Smart City Bordeaux : comment viser une métropole plus inclusive ?
Hélène Lerivrain

Smart City Bordeaux 2018
Agence APPA
Hélène Lerivrain

Smart City Bordeaux 2018
Agence APPA
"Bordeaux Métropole génère non pas des inégalités mais des opportunités." Le message d'Alain Juppé, maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole, en ouverture de cette table ronde, est clair. Alexandra François-Cuxac, présidente de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FPI) n'est pas là pour le contredire."Le phénomène de la métropolisation a été très vertueux car il a apporté à ces territoires une certaine autonomie vis-à-vis de Paris. Il a également su créer de la valeur ajoutée économique", précise-t-elle.
Et Alain Juppé de poursuivre : "Bordeaux est devenue attractive avec une ouverture sur le monde, un pôle aéronautique et spatial qui se développe, sans oublier la filière numérique et informatique, la santé, le tourisme. La ville connait aussi une forte croissance démographique." Pour autant, le maire de Bordeaux ne se voile pas la face.
Mais pas question pour lui de s'arrêter là. "Nous sommes en situation de concurrence avec les autre villes françaises et européennes. Notre défi est donc le suivant : comment gérer la croissance en gardant une haute qualité de vie ?" C'est dans cette perspective qu'il a lancé en février dernier la mission Bordeaux Métropole 2050, une large campagne de concertation qui aboutira en mars 2019. L'idée ? Réfléchir à la manière dont nous nous logerons demain. Comment nous déplacerons-nous ? Comment travaillerons-nous ? Ou encore comment allons-nous nous soigner, nous nourrir, nous former ?
Selon Alain Juppé, "la mauvaise réponse à la problématique de l'inégalité serait de brider les métropoles. La bonne : jouer la carte du partenariat avec les territoires périphériques et la complémentarité." En ce sens, "les petits bourgs ne doivent pas être aspirés. Il ne faut pas chercher à calquer le modèle métropolitain mais développer ou inventer un modèle économique propre aux territoires périphériques", avance Alexandra François-Cuxac.
L'économie sociale et solidaire, Alain Juppé y croit aussi. Le conseil métropolitain a adopté en juillet 2016 un plan d'actions 2016-2018 pour le développement de l'ESS sur le territoire de Bordeaux Métropole.
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Sur la question de l'immobilier et précisément les critiques autour de la densification, le maire de Bordeaux précise que l'idée de départ était bien de lutter contre l'étalement urbain et donc de préserver les espaces verts. "C'est pour cette raison que nous avons décidé de construire dans les pôles urbains mais pour accueillir plus d'habitants, il faut monter un peu plus haut. Cela dit, je tiens à préciser qu'on appelle tour à Bordeaux, un immeuble de 7 étages", lâche-t-il un brin rieur. Alain Juppé qui en profite pour citer le quartier des Bassins à flot et donc vanter les mérites de "l'urbanisme négocié". Le défi est désormais de créer des lieux de vie.
Autre idée développée par Alexandra François-Cuxac : "Il est important de travailler sur la question de la simplification et c'est l'objet du projet de loi ELAN. On n'a pas pu être parfait quand on a créé les PLU. C'est un exercice très difficile, ils sont donc imparfaits."
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Les pistes de travail ne manquent pas. Une chose est sûre, pour les trois intervenants, l'heure n'est pas au pessimisme, bien au contraire. La preuve avec cette citation de Churchill reprise par Nicolas Hazard pour parler des évolutions de l'emploi : "Un pessimiste voit un risque dans toute opportunité. Un optimiste voit une opportunité dans chaque risque."
Hélène Lerivrain