Réfugiés : Habitat Toulouse maintient sa procédure d’expulsion et interpelle l’Etat

Béatrice Girard

Béatrice Girard
La décision a fait tâche. En pleine crise des migrants et à contre-courant des initiatives de solidarité qui se sont multipliées en France depuis le début du mois à destination des réfugiés syriens, Habitat Toulouse a assigné devant le tribunal d'instance cinq membres de deux familles syriennes qui occupent illégalement depuis le mois de mars un immeuble dans le quartier des Izards.
Pour expliquer sa décision de maintenir sa procédure d'expulsion, il évoque "un immeuble insalubre" qui représente "un vrai risque pour les enfants présents sur place". Actuellement, le bailleur a recensé 120 personnes dont 35 enfants. "Mais aucune autre assignation n'a été engagée à ce jour. Je ne couperai pas les fluides sur place et il n'y aura pas de réquisition de la force publique, parce que ce n'est pas le but", assure-t-il.
Quant à la possibilité de reloger ces familles dans le parc d'Habitat Toulouse, Franck Biasotto assure qu'aucun logement n'est disponible, même parmi les logements qui seront bientôt mis en vente. "Si j'avais de la vacance, je pourrais en faire bénéficier ces réfugiés."
L'adjoint renvoie la balle dans le camp de la préfecture : "un tour de table est prévu à la préfecture sur le sujet cette semaine avec le maire Jean-Luc Moudenc."
Pour rappel, fin 2013, la préfecture a recensé 5 667 logements potentiellement vacants en Haute-Garonne dont 4 344 à Toulouse.
Sollicitée sur une réquisition éventuelle de ces logements, elle n'a pas souhaité répondre. Le service communication a simplement précisé par mail que les services de l'État s'étaient rendus aux Izards cet été, à la rencontre des familles syriennes :
De leurs côtés, les élus de Toulouse Métropole ont aujourd'hui (jeudi 17 septembre) débattu de la question lors de la conférence communautaire. Un communiqué de presse indique que "dans un souci de cohérence et dans une volonté d'unité, ils ont décidé de parler d'une seule et même voix au niveau de la métropole et d'appréhender ces questions par une démarche collective".
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Par ailleurs, les maires se sont mis d'accord pour mettre en place dans chacune de leur commune un recueil où seront recensés et identifiés les acteurs associatifs et privés volontaires pour venir en aide aux réfugiés.
Enfin, "les maires ont mandaté le Président de Toulouse Métropole pour obtenir de l'État les précisions indispensables sur le nombre de demandeurs d'asile syriens qui devraient être reçus sur le territoire métropolitain, mais aussi sur les critères qu'il retiendra pour identifier les 'zones tendues'qui seraient en difficulté pour recevoir ces réfugiés."
Concernant un accueil possible de réfugiés à Toulouse, Jean-Luc Moudenc n'est pas partant. Il l'a fermement rappelé hier, mercredi 16 septembre, lors de sa conférence de presse de rentrée.
À lire également
Le maire de Toulouse estime notamment "qu'avant de prendre en compte des problèmes nouveaux, il faut d'abord régler les problèmes existants comme celui de l'Ile du Ramier qui compte aujourd'hui 153 personnes, essentiellement des Roumains et des Bulgares, et qui est une favela illicite et dangereuse".
Une réflexion qui n'a pas manqué de faire réagir l'opposition municipale via le compte twitter d'EELV Toulouse :
Béatrice Girard
Immobilier : pourquoi les prix baissent à Toulouse
Immobilier : « le DPE est devenu un vrai levier de négociation du prix »
La foncière Bien Commun proche de finaliser une levée de fonds pour réaliser sa première réhabilitation immobilière en Occitanie
Immobilier hors-site : « Nous sommes dans un momentum assez favorable pour nous » (Sébastien Matty, GA Smart Building)