Otta, Mieuxplacer.com, Mink : ce que la LGV a changé pour eux

Mikaël Lozano, avec Nina Tapie

Stéphanie Laporte, Agence Otta
Thibaud Moritz / Agence Appa

Mikaël Lozano, avec Nina Tapie

Stéphanie Laporte, Agence Otta
Thibaud Moritz / Agence Appa
Stéphanie Laporte a été une des premières community managers en France. Passée par IBM, elle a ensuite assuré la gestion des réseaux sociaux des Restos du cœur, et de plusieurs grands comptes avant de créer sa propre entreprise. « J'arrivai à un seuil en termes de chiffre d'affaires et le problème de la multi-compétences commençait à se poser », explique-t-elle. La jeune Bordelaise monte alors sa propre agence de social media, Otta, littéralement dans un grenier, avant de grossir puis d'intégrer la Coursive, l'espace que la Chambre de commerce et d'industrie de Bordeaux met à la disposition de startups et jeunes entreprises prometteuses dans ses locaux donnant sur la place de la Bourse. Otta emploie désormais 15 salariés et ne cesse de grossir ces derniers mois, si bien que le réaménagement des bureaux devient un sport mensuel.
Pour la chef d'entreprise, épaulée par son associé Arnaud Bidou, « la ligne à grande vitesse Bordeaux - Paris a changé pas mal de choses dans notre manière de fonctionner. En offrant davantage de possibilités d'aller-retour sur la journée, nous avons pu nous positionner sur des grands comptes basés à Paris que nous aurions eu du mal à toucher avant. Avant nous devions cacher notre identité bordelaise sur les appels d'offres de ce type. Cette typologie de clients craignait de faire appel à une société non-parisienne qui serait dans leur esprit moins réactive car éloignée, et moins au fait des dernières évolutions technologiques. » Stéphanie Laporte avait donc mis en œuvre des stratagèmes :
La dirigeante d'Otta n'a pas allégé sa facture transport :
Lancée il y a un an et demi par le serial entrepreneur Guillaume-Olivier Doré, la fintech Mieuxplacer.com emploie 15 personnes à Bordeaux à 4 à Paris. Après avoir doublé son effectif en six mois, elle recrute encore 5 salariés de plus et est assise sur 5 millions de fonds propres, un pécule qui lui permet d'investir fortement en R&D. Le décollage est vertical pour la startup qui propose sur sa place de marché des produits d'épargne et permet à l'internaute, grâce à l'intelligence artificielle, de « s'auto-profiler » et de trouver des solutions les plus adaptées à ses possibilités, à ses envies et ses besoins. Mieuxplacer.com a à ce jour collecté une quinzaine de millions d'euros et dispose de 150 produits d'épargne sur étagère. La philosophie maison est de faire travailler des profils locaux, « pour rendre à l'écosystème bordelais ce qu'il m'a donné », précise Guillaume-Olivier Doré, qui se réclame plus de la finance comportementale que de l'e-commerce classique :
Guillaume-Olivier Doré, fondateur de Mieuxplacer.com
Benjamin Gauthier a créé Mink en mars 2015. La startup bordelaise est spécialisée dans la conception et le développement de solutions web et mobile sur mesure. Ces « outils métiers » numériques sont utilisés en interne (application web de pilotage, gestion de contrats, de réservation...) par les entreprises clientes. Mink est notamment derrière la solution d'affichage connectée DynamicScreen, qui permet la programmation de diffusion des contenus sur l'ensemble d'un parc d'écrans (chaîne de magasins, réseau d'entreprises...).
L'entreprise aujourd'hui installée dans le centre de Bordeaux, dans le quartier Gambetta, a vu son chiffre d'affaires monter en flèche : 25.000 € en 2015, 50.000 en 2016, 250.000 en 2017 et probablement 500.000 en 2018. Après l'ouverture de la ligne à grande vitesse plaçant Paris à 2h04 de Bordeaux, "la part des contrats de grands comptes dans le chiffre d'affaire est passée de 20 à 50 %", explique son dirigeant. L'entreprise compte aujourd'hui parmi ses clients la Banque populaire, BNP, Thales, EDF et la SNCF.
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La LGV autorise au jeune dirigeant environ deux déplacements par semaine contre un par mois auparavant. Si lui-même s'y rend plus souvent pour dialoguer avec la clientèle, des équipes techniques de 2 ou 3 personnes peuvent aussi désormais intervenir directement sur le site des partenaires.
Mikaël Lozano, avec Nina Tapie