Les contours de l’expérimentation sur le revenu de base dévoilés

Pierrick Merlet

Huit presidents de departements prets a tester le revenu de base
Benoit Tessier

Pierrick Merlet

Huit presidents de departements prets a tester le revenu de base
Benoit Tessier
L'idée, qui semblait utopique, d'un revenu universel prônée par Benoit Hamon, le candidat du Parti Socialiste à l'élection présidentielle de 2017, n'a jamais été aussi proche de voir le jour. En effet, 13 Départements (Haute-Garonne, Ardèche, Ariège, Aude, Dordogne, Gers, Gironde, Ile-et-Vilaine, Landes, Lot-et-Garonne, Meurthe-et-Moselle, Nièvre et Seine-Saint-Denis, ndlr), viennent de dévoiler les contours de l'expérimentation prochaine d'un revenu de base sur 20 000 personnes en France. En voici les grands principes :
Ces conditions sont les conclusions de l'étude de faisabilité menée par l'Institut des politiques publiques (IPP) et commandée par les Conseils départementaux à l'initiative de ce projet suite à une tribune parue dans le Journal du Dimanche le 28 novembre dernier.
À partir de ces trois grandes directions pour mener à bien l'étude, l'IPP, dirigée par l'économiste Antoine Bozio qui a obtenu le prix du meilleur jeune économiste de France 2017, a imaginé deux scénarios d'expérimentation possibles.
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Pour le premier, le revenu de base remplacerait le revenu de solidarité active (RSA) et la prime d'activité. Par conséquent, une personne seule sans ressources toucherait 461 euros par mois. Un montant qui diminuerait en fonction des revenus d'activité à un rythme de 30% pour s'annuler à 1536 euros net. Dans ce cas-là, l'expérimentation sur 20 000 personnes coûterait 4,7 millions par an si le revenu de base est versé dès 18 ans contre 2,8 millions d'euros dès 21 ans. En cas de généralisation du processus en France, les montants s'établiraient à 16,2 milliards d'euros s'il est versé dès 18 ans et 9,6 milliards si le revenu de base n'est pas versé avant 21 ans.
Dans le cadre du second scénario, le revenu de base engloberait le RSA, la prime d'activité et les APL. Ainsi, une personne seule locataire touchera 725 euros par mois contre 530 euros pour une personne propriétaire. Dans ce cas, l'expérimentation coûterait entre 5,2 et 7,5 millions d'euros selon l'âge d'entrée dans le processus à savoir 18 ou 21 ans. Si une généralisation intervenait au niveau national, ce second scénario coûterait entre 17,6 et 25,7 milliards d'euros chaque année.
Désormais, chaque Département va pouvoir choisir quel scénario il va tester et quelles seront les conditions pour bénéficier de ce revenu de base. Mais il est pour le moment impossible juridiquement pour ces élus de prendre une telle initiative. Par conséquent, le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé lors de son discours au 100ème Congrès des maires jeudi 23 novembre son intention de réformer la Constitution et son article 72 qui encadre les compétences des collectivités locales. Le président de la République veut le modifier afin d'assouplir le droit à l'expérimentation pour les représentants locaux de l'État. Une volonté confirmée par le Premier ministre Édouard Philippe, à Cahors, le 14 décembre dernier. Malgré tout, ces 13 Départements entendent "interpeller l'État pour que soit votée une loi d'expérimentation, accompagnée d'un fonds dédié", espérée à l'automne, expliquent-t-ils dans un communiqué commun.
Cette initiative intervient alors que le gouvernement réfléchit depuis plusieurs semaines à une réforme des aides sociales et de leur mode de distribution afin de réduire les inégalités. Dans cette logique, le Président de la République aimerait mettre en place un versement social unique dès 2019, avec des prestations sociales qui s'appuieraient sur les ressources des personnes au moment de leur déclaration et non plus un an ou deux ans auparavant.
Cette réforme devrait être présentée en juillet par Emmanuel Macron. Néanmoins, ce dernier n'a pas attendu pour présenter le cadre de cette transformation des aides sociales mais aussi du régime des retraites. Dans un discours de plus d'une heure au 42ème Congrès de la Mutualité Française à Montpellier, mercredi 13 juin, le président de la République a notamment énoncé les motivations le poussant à revoir le modèle social français.
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La préparation de ce discours a d'ailleurs fait polémique. Dans une vidéo postée sur Twitter par un membre de son équipe où l'on voit Emmanuel Macron préparer sa prise de parole, le dirigeant français tient des propos qui n'ont pas manqué de faire réagir. "On met un pognon de dingue dans les minima sociaux et les gens ne s'en sortent pas", a-t-il déclaré dans cette vidéo postée mardi 12 juin.
Pierrick Merlet
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