L'herbier collaboratif numérique arrive

2 mn

Initiative originale, Pl@ntNet a pour objectif principal la création d'une plate-forme Web pour permettre l'exploitation des données sur le monde végétal, mais aussi de faciliter l'identification des différentes espèces dans un environnement collaboratif, ouvert aussi bien aux scientifiques qu'au grand public. Pour réussir ce projet ambitieux, plusieurs organismes de recherche (Inria, Inra, Cirad et CNRS) se sont associés au réseau de botanique francophone Tela Botanica et l'Agropolis Fondation en a fait son projet étendard, avec un financement de 3 millions d'euros sur quatre ans. « Les différents éléments constitutifs du programme Pl@ntNet vont permettre d'enrichir l'inventaire de la biodiversité en associant bioinformatique, gestion des bases de données existantes et identification automatique, explique Nozha Boujemaa, directrice de recherche à l'Inria Paris-Rocquencourt. Jusqu'à présent la recherche dans ces bases se faisait dans un mode texte. Avec le moteur de recherche Ikona, la recherche pourra se faire par association de contenu visuel. »identification facilitéeUn système original puisque l'utilisateur peut interroger à distance la base de données en comparant une image, prise avec un téléphone portable par exemple, avec celles déjà enregistrées. « Cette technologie permet de trouver des similitudes entre des espèces et des variétés découvertes à des époques et sur des continents différents et ainsi de simplifier la taxinomie botanique », précise Nozha Boujemaa. Ce travail a toujours été réalisé par des experts sur des herbiers parfois très anciens. « Avec Pl@ntNet, tout le monde peut renseigner des informations sur une image, prise quelque part dans le monde, et ainsi enrichir cet ?herbier virtuel? » dit-elle. Au-delà de la recherche botanique pure, Pl@ntNet a d'autres applications : étude de la biodiversité, lutte contre les plantes invasives ou le trafic d'espèces protégées en facilitant leur identification, recensement d'espèces menacées comme les orchidées asiatiques, etc. « La convergence de profils et de motivations différents rend ce projet très intéressant, ajoute Nozha Boujemaa. Il faut s'accorder en termes de vocabulaire, de pratiques, de procédés d'identification [...] Quand on parle de couleur, texture, forme par défaut, il faut que les équipes travaillent sur la sélection du critère essentiel? » Si pour l'instant Pl@ntNet ne s'intéresse qu'à la botanique, la démarche intéresse déjà d'autres domaines scientifiques : l'identification des insectes, des chauves-souris, etc. Béatrice Delamotte