En Allemagne, l'avertissement de Merz contre un succès de l'extrême droite sur fond d'économie en souffrance

Le chancelier Friedrich Merz lors d'un discours ce samedi 6 juin.
/FW1FP/Toby Chopra - REUTERS - Jana Rodenbusch

Le chancelier Friedrich Merz lors d'un discours ce samedi 6 juin.
/FW1FP/Toby Chopra - REUTERS - Jana Rodenbusch
Les nuages noirs s'amoncellent au-dessus de la première économie de la zone euro. Le chancelier allemand conservateur Friedrich Merz, à l'impopularité record après un an au pouvoir, a mis en garde samedi contre un succès de l'extrême droite dans deux scrutins régionaux en septembre, un possible "big bang" selon lui. "Il y a plus en jeu que le seul avenir d'un gouvernement" lors des élections en Saxe-Anhalt et en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, a dit le chef de gouvernement lors d'un discours au congrès de son parti dans la deuxième région, à Linstow (nord-est).
Dans ces deux Länder d’ex Allemagne de l'Est, l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) mène désormais largement dans les sondages. "Il s'agit ici, fondamentalement, de savoir dans quelle direction l'Allemagne doit aller" et si les "partis modérés" sont encore "capables de résoudre les problèmes", a ajouté le conservateur, dont le camp peine à s'entendre avec ses alliés sociaux-démocrates sur des réformes pourtant jugées urgentes.
"Si nous ne sommes pas assez bons, alors il y aura précisément ce big bang" qui se produira en septembre "d'une manière différente de ce que certains se sont peut-être imaginé", a-t-il ajouté. Citant l'ancien ministre écologiste Joschka Fischer, il a fustigé une extrême-droite qui veut "ramener l'Allemagne à l'époque d'avant Adenauer" - premier chancelier de l'Allemagne post-nazie - et "remet en question tout ce qui a fait la grandeur et le succès de notre pays".
Ces derniers jours, des médias ont relayé la vidéo d'élus AfD de Gelsenkirchen (ouest), cité ouvrière de la Ruhr, forçant des personnes identifiées comme des Roms à nettoyer la rue.
"Les Allemands en ont ras-le-bol", dit la meneuse du groupe, Enxhi Seli-Zacharias, dans une vidéo publiée sur son compte Instagram. Parti anti-immigration, pro-russe et pro-Trump, l'AfD a remporté pour la première fois en 2024 une élection régionale, en Thuringe, autre région d'ex-RDA. Mais il ne fait pas partie du gouvernement de cette région, les autres partis ayant jusqu'ici maintenu le "cordon sanitaire" pour l'empêcher de participer au pouvoir.
Première économie européenne à la croissance atone et à la population vieillissante, l'Allemagne voit désormais l'AfD devancer les conservateurs dans les sondages sur le plan national.
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À tel point que des rumeurs de remplacement ont récemment égratigné un peu plus M. Merz, dirigeant le plus impopulaire de l'Allemagne d'après-guerre. "Les gens voient bien que l'Allemagne décroche. Notre confiance en nous est profondément ébranlée", a admis le ministre de la Culture Wolfram Weimer dans un entretien au magazine Spiegel diffusé samedi. Il dit croire à des "sondages bien meilleurs" d'ici deux ans "si nous faisons bien les choses".
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(AFP)
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