Le chinois Minmetals prêt à s'offrir le groupe minier Equinox pour 4,7 milliards d'euros

Le négociant de métaux chinois réaliserait ainsi la plus grande acquisition jamais faite par un groupe chinois sur un groupe minier en Australie.
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Lancés dans la bataille qui vise à s'emparer du groupe minier canadien Lundin, les dirigeants d'Equinox ont appris, avec surprise, en début de semaine, que leur groupe était lui-même hautement convoité. La filiale hongkongaise de Minmetals, le plus grand négociant chinois de métaux vient en effet de jeter son dévolu sur le groupe minier australo-canadien et se dit prête à débourser 6,5 milliards de dollars canadiens (4,7 milliards d'euros) pour en posséder les stratégiques mines de cuivre en Zambie et en Arabie Saoudite. En termes boursiers, Minmetals offre donc une prime de 23 % par rapport au cours de clôture d'Equinox vendredi soir à Toronto. Soit 7 dollars canadiens par action.

Selon Thomson-Reuters, ce rachat représenterait en taille la quatrième fusion-acquisition de la Chine à l'étranger. Et sans aucun doute, le plus gros rachat d'une entreprise australienne par un groupe chinois. A titre de comparaison, le chinois Yangzhou Coal s'était emparé de l'australien Felix Resources en 2009 pour 3,2 milliards de dollars, une opération deux fois moins onéreuse.

Cette surenchère des groupes chinois en dit long sur leur besoin de sécuriser leurs approvisionnements en cuivre. Et ce, alors que la demande ne cesse de croître tandis que les prix du métal rouge atteignent ? après avoir pris 120 % en deux ans ? désormais des sommets.

Implantations stratégiques

« L'offre sur Equinox coïncide parfaitement avec notre stratégie de croissance dans certains actifs miniers, et sur certaines zones géographiques », commente Andrew Michelmore, le directeur général de Minmetals, après avoir confié qu'il regardait le groupe dont il détient déjà 4,2 % depuis plus d'un an.

Déjà présent au Laos, au Canada et en Australie où il possède des exploitations minières, le groupe chinois n'a pas caché sa volonté de se renforcer dans les mines de zinc, de cuivre et de plomb. Un souhait que satisferait en partie le rachat d'Equinox. Parmi ses plus beaux atouts, ce dernier compte un gisement de cuivre à Lumwana en Zambie, la troisième plus importante production d'Afrique. Il est également à la tête du projet d'exploitation du cuivre Jabal Sayid en Arabie Saoudite dont la production doit démarrer en 2012.

Pris par surprise, le conseil d'administration d'Equinox a indiqué qu'il allait étudier avec attention la proposition chinoise. Et réfléchir à ses implications. Car cette offre risque de rebattre quelques cartes dans le secteur minier. En compétition avec Inmet Mining pour le rachat du canado-suédois Lundin, Equinox serait contraint s'il convenait d'un accord avec Minmetals de renoncer à cette opération. Par ailleurs, le raid de Minmetals pourrait également susciter de nouvelles convoitises. Celles de Xstrata, Antofagasta et Norilsk Nickel, selon les analystes. « Pour les groupes miniers, les fusions-acquisitions sont le moyen le plus rapide et économique d'accroître leur production », indique la banque Standard Chartered dans un rapport qui souligne que « le coût de construction d'une mine a plus que doublé au cours des cinq dernières années ». Reste qu'en termes de prix, Minmetals a placé la barre déjà haut. Et laisse peu de latitude à la surenchère, selon certains analystes.

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