Les mines aurifères, grandes oubliées de l'envolée des cours de l'or

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Les producteurs d'or souffrent de la flambée du pétrole et de deux années de forte hausse.

Rien n'y fait. Malgré l'irrésistible ascension des cours de l'or, ceux des producteurs aurifères peinent à s'apprécier en Bourse. Alors que le métal jaune est passé, le 22 avril, au-dessus des 1.500 dollars l'once, la réaction sur les actions aurifères est plus que mitigée. Depuis, le Philadelphia Gold and Silver Index recule de plus de 3 %. Même tendance depuis le début de l'année avec un repli de près de 1,5 % de l'indice.

Cette décorrélation du marché physique tient à plusieurs facteurs. « Il y a un certain paradoxe dans le secteur qui explique en partie la contre-performance boursière des mines. Le retour de l'inflation se traduit pour les groupes miniers par une hausse des coûts d'extraction qui pèse sur les marges. Or, parallèlement, c'est grâce à l'inflation que les cours de l'or ne cessent de grimper », souligne Raphaël Dubois, gérant actions matières premières et infrastructures chez Edmond de Rothschild AM. Effectivement, si la santé boursière des mines aurifères est étroitement liée à l'évolution des cours de l'or, elle dépend aussi des cours du pétrole (l'une des premières sources de dépenses dans le secteur) qui évoluent, depuis trois mois maintenant, au-dessus des 100 dollars le baril.

Plus largement, « il y a un désintérêt du marché pour le secteur aurifère, qui ne représente que 1 % de la capitalisation boursière mondiale et s'est fortement apprécié sur les deux dernières années », souligne Raphaël Dubois. À cela s'ajoute un brusque retour de l'aversion au risque qui a pénalisé les marchés d'actions entre février et mars.

Rebond possible

Malgré tout, les arguments en faveur d'un éventuel rebond ne manquent pas. À commencer par la poursuite du mouvement des fusions-acquisitions qui a pris, lundi, un nouvel élan avec l'OPA de Barrick Gold sur Equinox (lire encadré). Pour les spécialistes, à 1.500 dollars l'once, les groupes génèrent d'énormes liquidités qui donnent lieu soit à des dividendes soit à des acquisitions, qui peuvent nourrir l'intérêt des investisseurs.

D'autant que le secteur ne se paie pas cher. Selon Raphaël Dubois, l'indice Philadelphia Gold and Silver Index se négocierait avec une décote de 35 % par rapport à sa moyenne historique. Et cela alors que les marges des mines aurifères ont été multipliées par neuf en l'espace de dix ans ! En effet, durant cette période, les coûts d'extraction ont augmenté moins vite que les prix de l'or, passant de 250 à 600 dollars. Les investisseurs auront certainement matière à se pencher sur la question à l'occasion des publications de résultats trimestriels qui devraient, selon les spécialistes, ressortir en forte hausse.

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