Présidentielle : comment convaincre les jeunes de voter ?

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(Crédits : DR)
Contrairement aux idées reçues, les jeunes ont envie de s'engager. Mais il faut les prendre en compte. Par Julien Miro et Maxime Thory

Les élections pour la primaire de la droite ont confirmé une tendance déjà visible : les jeunes s'abstiennent massivement. Face à cette impasse, deux postures sont souvent adoptées : l'indifférence ou le dénigrement. Accabler la jeunesse est devenu un passe-temps facile dont tout le monde, ou presque, use en campagne électorale.

 L'idée reçue d'un manque d'engagement

 La jeunesse, c'est bien connu, n'est pas travailleuse. Elle n'est pas motivée. Elle n'est pas citoyenne même. Ne votant pas, la jeunesse est plus devenue un bouc émissaire inoffensif qu'un vrai potentiel électoral.

 En vérité, ces clichés sont démentis par la réalité : selon France-Bénévolat, l'engagement associatif des jeunes a augmenté de 32% en trois ans. Intéressés et attentifs au monde qui les entoure, les jeunes demeurent pourtant muets quand vient le temps du vote. Le personnel politique semble accepter cette réalité. Pourtant, il existe des moyens simples pour relever le taux de participation des jeunes aux élections.

 Permettre aux étudiants de voter sur leur lieu d'études

 Le processus de vote pour les jeunes pourrait être facilité. L'inscription sur les listes électorales souffre d'un écueil : l'année de vos 18 ans, vous bénéficiez de l'inscription d'office à l'adresse de vos parents alors même que, jeunes étudiants, c'est souvent l'année où vous quittez votre cocon familial.

 Permettre aux jeunes de voter dans des bureaux situés dans leur campus universitaire serait ainsi un premier geste. Insuffisant mais positif, il contrasterait avec la volonté des uns et des autres de sanctionner la jeunesse plutôt que de l'aider.

 Par ailleurs, après l'échec de François Hollande pour améliorer la situation de la jeunesse, les responsables politiques doivent enfin prendre des mesures fortes. Ne nous trompons pas sur les raisons de l'abstention : elle ne tient pas tant au désintérêt des jeunes pour la politique qu'à celui de la politique pour les jeunes. Garantie jeune, RSA jeune ou encore emplois aidés : après un quinquennat de charité, la jeunesse attend désormais qu'on lui propose de véritables opportunités. C'est pourquoi le prochain Président serait avisé d'organiser un Grenelle de la Jeunesse, pour évoquer l'ensemble des difficultés (logement, éducation, chômage, apprentissage, dette publique) qui frappent les nouvelles générations.

 L'avenir de la démocratie

 L'enjeu est de taille. À court-terme, les candidats devraient se souvenir que les présidentielles sont les seules élections où la jeunesse participe autant que les 50-64 ans. À long-terme, la défiance des jeunes pour les institutions politiques actuelles annonce une période de forte instabilité. À l'heure où les jeunes croient de moins en moins aux bienfaits de la démocratie, il est urgent pour les démocrates d'agir.

 Julien Miro, président du think tank « 5 ans pour des idées » et ancien conseiller jeunesse d'Alain Juppé

 Maxime Thory, conseiller municipal et auteur de l'essai « Les jeunes meurent toujours les premiers »

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Commentaires
a écrit le 14/12/2016 à 18:52 :
Il y a peut être autre chose qu'il faut évoquer. Le personnel politique ressemble-t-il aux djeuns d'aujourd'hui? Quand on voit certains dinosaures, c'est à en douter.

Certes, Bernie Sanders était le candidat préféré des jeunes aux US mais, en général, je ne vois pas par qui ils se sentiraient représentés. Macron? Mais tous les jeunes n'ont pas fait l'ENA...
a écrit le 14/12/2016 à 17:18 :
Analyse très juste: la jeunesse sera un véritable enjeu de cette présidentielle.

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