«Désertion !». C'est le chef d'inculpation pour lequel sont poursuivis les généraux Ansumana Tamba, ancien commandant du bataillon de la garde présidentielle, et Umpa Mendy, agent principal de la protection rapprochée de Yahya Jammeh. Le procès des deux membres du premier cercle devrait s'ouvrir devant un tribunal militaire pour avoir quitté l'armée et suivi Yahya Jammeh dans son exil à Mongomo, en Guinée équatoriale.
L'arrestation des généraux Tamba et Mendy a fait mouche dans un pays où les mouvements des personnalités proches de l'ancien régime sont scrutés de très près depuis que l'on évoque un vaste complot déjoué qui avait pour but de faire revenir Jammeh au pouvoir, notamment par les armes. Coïncidence de date ou confirmation du complot ? Elle est intervenue le 21 janvier 2018, soit un an, jour pour jour, après l'exfiltration de Jammeh.
Deux jours avant leur arrestation, arrivés de Malabo par un vol commercial Royal Air Maroc, Ansumana Tamba et Umpa Mendy avaient réussi à passer sans problème les contrôles de sécurité à l'aéroport de Banjul avant de rejoindre respectivement leur résidence à Yarambamba (est de Banjul) et Busumbala (à l'ouest).
C'est là qu'ils ont été arrêtés, sans opposer de résistance. Guet-apens pour les arrêter sans bruit ? Ont-ils bénéficié de complicités pour passer à travers les mailles du filet de la sécurité aux frontières ? Que faisaient-ils à Banjul, un an seulement après leur fuite avec leur mentor tout en sachant qu'ils étaient activement recherchés ? Les questions ont tout de suite fusé.
A Banjul, on fait déjà le parallèle du retour des deux hommes -sans doute sous fausse identité- avec un complot présumé visant à renverser ou au moins déstabiliser le nouveau régime. Dans tous les cas, le procès de Tamba et Mendy s'inscrit aussi dans le cadre des efforts de l'Administration Barrow de neutraliser les derniers soutiens de Jammeh, tout comme les sept officiers radiés d'une armée gambienne dont on veut expurger les derniers affidés de l'homme au boubou blanc, militaire arrivé au pouvoir en 1994 par les armes.
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Le nettoyage d'Adama Barrow, sous couvert de la MICEGA, la mission de la CEDEAO en Gambie, qui ne cesse de prolonger son mandat pour assurer la sécurité du nouveau régime. «Des officiers de haut rang de l'armée qui ont fui avec l'ancien président ont maintenu des contacts avec des éléments hostiles au sein des forces de sécurité́ gambiennes encore en service actif. Si l'on ajoute l'influence de l'extérieur à l'opération de l'intérieur, on voit qu'il y a beaucoup de forces négatives qui conspirent à rendre ce pays ingouvernable», faisait savoir avec fracas, le colonel sénégalais Magatte Ndiaye, chef de la MICEGA.
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Il semble que le nettoyage d'Adama Barrow soit déjà en marche avec la volonté de la CEDEAO de transférer sa charge de protection aux forces de sécurité gambiennes. A ce titre, les officiers gambiens sont en formation au Sénégal voisin. Les premiers, formés à l'escorte et à la sécurisation du palais présidentiel qu'Adama Barrow a rejoint sur le tard par crainte pour sa sécurité, devraient être en poste dès avril. A eux d'assurer la sécurisation de la nouvelle Gambie. Un challenge, loin des divisions qui se nourrissent d'un hypothétique retour de Jammeh en Gambie.
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