Tentative de «coup d’Etat» en Ethiopie : une attaque léthale et coordonnée

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Reuters

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Asaminew Tsige est l'homme le plus recherché d'Ethiopie. Samedi 22 juin en fin de journée, alors que les responsables de la région d'Amhara égrenaient l'ordre du jour de leur réunion à Bahir Dar, la capitale régionale, le chef de la sécurité de la région, à la tête «commando de tueurs», a fait irruption dans la salle. Il a tiré sur Ambachew Mekonnen, le président de cette région autonome, dont la mort a été confirmée ce dimanche par Billene Seyoum, la porte-parole d'Abiy Ahmed.
Trois autres hauts responsables d'Amhara au moins sont décédés après avoir été mortellement touchés alors que les discussions étaient concentrées sur la mise en place d'une stratégie avec l'Etat fédéral pour endiguer le recrutement de milices par le chef de la sécurité de la région
Toujours samedi 22 juin en fin de journée à Addis-Abeba cette fois-ci, le général Seare Mekonnen, le chef d'état-major de l'armée, recevait un autre général à la retraite à sa résidence. Tous les deux ont été abattus par le garde-du-corps du chef de l'armée éthiopienne. Le tueur présumé a été arrêté, confirment les différents porte-paroles du gouvernement central éthiopien
Abiy Ahmed , le Premier ministre éthiopien n'a pas tergiversé sur la qualification de cette attaque coordonnée visant à éliminer des hauts responsables dans l'armée ou les centres de décisions politiques. C'est le premier à prononcer le mot de «coup d'Etat». En tenue de combat, la mine serré, le visage grave, il a lancé, dans une déclaration à la télévision d'Etat, un appel à ses compatriotes pour «condamner tous ensemble ce coup d'Etat». Un discours en droite ligne avec les différents communiqués de son bureau.
Pour l'heure, ce dimanche la situation est sous contrôle, comme le répètent en choeur, les différents responsables qui se succèdent à la télévision, seul moyen de s'informer dans le flot d'informations floues suite à la coupure partielle d'Internet. « La plupart des personnes qui ont tenté le coup d'Etat ont été arrêtées, même s'il en reste quelques-unes en fuite», affrime le général de brigade Tefera Mamo, le chef des forces spéciales à Amhara. Parmi les fugitifs, Asaminew Tsige, le chef de la sécurité de la région autonome.
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Considéré comme le cerveau de l'attaque dans cette région où l'Etat central tente de contenir les tensions ethniques, l'homme avait lancé sur les réseaux sociaux, un appel au peuple Amhara à prendre les armes. En préparation de cette attaque? En tout cas, dans cette région où l'Etat fédéral tente de contenir les tensions ethniques, la pression monte à mesure que les législatives de 2020 approchent.
Loué pour la célérité et la pertinence de ses réformes, Abiy Ahmed doit gérer ces tensions interethniques polarisées autour du partage des terres ou encore de la représentation équitable au niveau politique des différents groupes ethniques. A contre pied d'un Etat qui avait choisi la manière forte pour endiguer ces tensions qui dégénèrent souvent en violences meurtrières dans ce pays de 100 millions d'habitants, Abiy Ahmed a choisi d'ouvrir des négociations avec certains groupes armés.
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En parallèle, le Premier ministre noue des alliances, comme celle avec le président de l'Etat d'Amhara en fonction depuis mars, pour isoler des groupes acrimonieux qui soufflent sur les braises ethniques. Avec cette tentative manquée mais mortelle de coup d'Etat, c'est toute cette stratégie qui est remise en question
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