La conquête de Mars, nouvelle frontière pour les entreprises innovantes

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L’idée d’Elon Musk avec des colonies où vivraient des milliers de personnes est prématurée. Mais que d’ici 20 ans un homme mette le pied sur Mars, ce n’est pas utopique., Timothée Girod, responsable conseil à la direction de l'accompagnement de Bpifrance.
"L’idée d’Elon Musk avec des colonies où vivraient des milliers de personnes est prématurée. Mais que d’ici 20 ans un homme mette le pied sur Mars, ce n’est pas utopique.", Timothée Girod, responsable conseil à la direction de l'accompagnement de Bpifrance. (Crédits : DR)
De quoi DEMAIN sera-t-il fait ? Bpifrance s'est lancé le défi de mener une réflexion sur les sujets d'innovation qui révolutionneront notre quotidien dans les années à venir, du point de vue de notre transport, notre alimentation, notre santé, notre façon de commercer et de travailler. Pour cela, Bpifrance anime une démarche collective en mode projet, pilotée par les collaborateurs Bpifrance et associant les acteurs des écosystèmes concernés. L’un des sujets stratégiques récemment traité est la conquête de la planète Mars et les opportunités qui peuvent en découler pour les entreprises françaises et européennes.

Matt Damon, héros du film Seul sur Mars, aura peut-être bientôt de la visite. En effet, la quatrième planète du système solaire est le prochain défi à relever en matière d'exploration spatiale. Le président américain Donald Trump a fixé à la Nasa l'échéance de 2024 pour retourner sur la Lune, qui pourrait servir de base de départ vers Mars. Et la Chine a également fait part de sa volonté d'atterrir sur la planète rouge. Elon Musk, créateur de Tesla et des lanceurs SpaceX, imagine même d'envoyer des colons pour « terraformer » Mars et s'y établir durablement. Un projet un peu fou qui ne devrait pas se concrétiser avant très longtemps. «  L'idée d'Elon Musk avec des colonies où vivraient des milliers de personnes est prématurée. Mais que d'ici 20 ans un homme mette le pied sur Mars, ce n'est pas utopique. Il n'y a pas de freins majeurs au niveau technologie. Aujourd'hui, le frein est surtout financier avec un budget estimé à 200 milliards de dollars » explique Timothée Girod, responsable conseil à la direction de l'accompagnement de Bpifrance. Un budget conséquent qui inclut les lanceurs, les modules à installer à la surface et les équipements afférents. « C'est une somme importante mais ce n'est pas aberrant, car c'est un projet partagé par plusieurs pays et les retombées ne sont pas inintéressantes pour driver certains secteurs technologiques » estime l'expert de Bpifrance. Lors de la conquête de la Lune dans les années 1960, les Etats-Unis ont dépensé 25 milliards de dollars pour le projet Apollo (entre 200 et 240 milliards actuels) afin de devancer l'URSS dans la course à l'espace. Aujourd'hui, la rivalité est plutôt entre les Etats-Unis et la Chine, qui vient d'envoyer un rover (véhicule lunaire) sur la face cachée de notre satellite. Mais pourquoi aller sur Mars, sachant que l'extraction de minerai serait beaucoup trop onéreuse en raison des coûts de transport et que le tourisme de masse est inenvisageable à court terme ?

Des opportunités pour les PME innovantes

L'arrivée de nouveaux acteurs (Inde, Chine, sociétés privées) favorise une émulation sur le sujet et le climat devrait rester porteur sur les prochaines décennies. « La volonté des Etats-Unis de garder une avance agit comme un catalyseur fort. Les enjeux économiques actuels tournent autour du New Space et des constellations de satellites (militaires, de communication, scientifiques, etc.) en orbite basse. Dans le cadre d'une conquête de Mars, les opportunités pour les entreprises françaises et européennes résident dans les solutions techniques pour la partie logistique (envoi de charges depuis la Terre et retour) » précise Timothée Girod. Les grandes agences spatiales pourraient sous-traiter cette partie à des acteurs privés, qui capteraient une partie de la manne financière. Autre secteur intéressant pour les PME innovantes et les startups : la partie médicale à distance, avec des outils pour s'auto diagnostiquer ou se soigner. Comme la société française Bodycap, soutenue par Bpifrance, qui développe des capteurs électroniques miniaturisés communiquant sans fil et des solutions globales de monitorage embarqué, déjà utilisés par l'astronaute Thomas Pesquet lors de son séjour dans l'ISS, la station spatiale internationale. Faire partie de l'aventure spatiale peut aussi être très intéressant d'un point de vue marketing et communication pour les entreprises. Un « management du rêve » qui permet de mobiliser ses équipes à 300 pour cent. « Bien sûr, ces programmes restent une chasse gardée des grands groupes. Mais un certain nombre de PME peuvent s'arrimer à leur sillage. Bpifrance a un rôle à jouer dans la mise en relation entre ces grands donneurs d'ordre et l'écosystème PME/startups français dans les secteurs associés aux vols spatiaux habités » conclut le responsable conseil à la direction de l'accompagnement.

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