2025, le saut dans l'inconnu ? Les prévisions de Coface dessinent un avenir économique incertain
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Si l'année 2024 avait commencé sous le signe de l'expectative - la moitié de la population mondiale étant appelée aux urnes - les élections n'auront pas permis d'éclaircir l'horizon économique. A contrario, le retour de Donald Trump à la Maison Blanche ouvre une période d'incertitudes quant à la mise en œuvre effective de sa politique économique, notamment dans son versant commercial. « Si l'on se doute que les relations des Etats-Unis avec leurs partenaires commerciaux vont se tendre, personne ne peut précisément prédire aujourd'hui ni quand ni comment, explique Jean-Christophe Caffet, chef économiste de Coface. On l'a vu récemment avec les droits de douane mexicains, l'agenda trumpien peut changer d'un jour à l'autre, ce qui complique sérieusement l'exercice de prévision. » Le baromètre Coface 2025 prévoit néanmoins que la croissance américaine ralentisse légèrement (-0,5 point de PIB) tout en restant solide, portée par les dépenses des ménages.. De nombreux pays émergents, en particulier ceux présentant de forts déséquilibres extérieurs (Laos, Mongolie, Bolivie, Égypte, Tunisie...) pourraient être fortement impactés par la politique américaine, via l'appréciation du dollar et les sorties de capitaux.
Après avoir officiellement atteint la barre des 5% en 2024, la croissance chinoise devrait ralentir à 4,3% cette année à cause de l'atonie de la demande intérieure. Celle-ci porterait aussi préjudice aux pays exportateurs de matières premières comme, par exemple, le Brésil. En Europe, la croissance devrait aussi peiner à décoller, freinée par les difficultés de l'industrie et la dégradation des marchés du travail. « Lorsque le chômage remonte, l'épargne de précaution augmente, poursuit Jean-Christophe Caffet. Le contexte international et les crises politiques françaises et allemandes jouent aussi sur le moral des chefs d'entreprises. En l'absence de rebond des investissements productifs, la croissance européenne devrait se stabiliser à moins de 1%, avec une poursuite de la récession manufacturière et l'intensification des difficultés rencontrées par le secteur automobile. . » Sur le marché européen, la concurrence asiatique, notamment japonaise et coréenne, est féroce , tandis que les constructeurs chinois gagnent des parts de marché dans la mobilité électrique. Et à l'export, ce sont désormais de nouvelles barrières douanières qui s'annoncent...
Une croissance mondiale globalement stable
La croissance mondiale devrait malgré tout se stabiliser à son niveau de 2024 (+2,7%),soit un demi-point sous sa tendance de long terme . Après un premier semestre encore difficile pour les entreprises, la situation devrait se stabiliser en Europe au cours du second semestre, grâce à l'assouplissement monétaire de la BCE. Certains pays tirent toutefois leur épingle du jeu, comme le Guyana, le Luxembourg et Oman, tous trois reclassés par COFACE ce trimestre, mais aussi le Royaume-Uni, qui peut désormais compter sur un peu plus de stabilité politique et devrait renouer avec la croissance (+1,4%). « Si les perspectives économiques mondiales sont très incertaines pour les années à venir, l'Europe devra pour sa part passer à l'action pour enrayer son déclin, conclut Jean-Christophe Caffet. Pour cela, elle doit investir en priorité dans l'éducation, la recherche et les secteurs industriels d'avenir, accélérer la transition énergétique et, surtout, rester fidèle à ses valeurs. »
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