Hewlett Packard Enterprise milite pour l'indépendance numérique française
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Pour le moment, Laurent Degré, le PDG de Hewlett Packard Enterprise (HPE) France, s'étonne... « La France a tous les atouts pour assurer son indépendance numérique : une énergie décarbonée grâce au nucléaire et aux renouvelables pour faire fonctionner les data centers, un système éducatif qui forme d'excellents mathématiciens, ingénieurs et chercheurs, pour calculer, analyser et innover, un tissu d'acteurs de renommée mondiale dans les technologies de l'information et un écosystème de start-up bien développé », énumère-t-il.
Mais la France est en retard sur l'implantation de ces data centers. De fait, avec 322 centres de données actuellement, la France est sixième dans le monde, derrière l'Allemagne, notamment (529 centres), le Royaume-Uni (523), la Chine (449) et, bien sûr, les Etats-Unis (5 427)... Or « ces centres de données sont indispensables si l'Hexagone veut dynamiser l'innovation des entreprises via un accès simple et sécurisé à la technologie, à l'IA et surtout, aux données, qui sont autant d'actifs pour davantage de compétitivité, de croissance et d'emplois », explique Laurent Degré.
Conscients des enjeux, les députés ont validé, le 17 juin dernier, l'article 15 du projet de loi de simplification de la vie économique, dans le but de faciliter la création de centres de données sur le territoire. Considérés comme des projets d'intérêt national majeur, ils pourront bénéficier de procédures accélérées et simplifiées pour leur implantation - tandis qu'au contraire, des amendements visent à écarter les géants américains du numérique de ce dispositif.
Selon les estimations, 70 % des données françaises sont hébergées dans des Clouds publics, essentiellement américains. Or dans le contexte actuel de tensions commerciales avec Washington, le Cloud Act inquiète. Adoptée aux États-Unis en 2018, cette loi a une portée extraterritoriale : elle permet aux autorités judiciaires américaines d'imposer la transmission de données hébergées dans les Clouds publics par les fournisseurs de services basés aux États-Unis ou de nationalité américaine (Amazon, Microsoft, Google...), et ce, même si ces données se situent hors des frontières américaines.
« Ce n'est pas parce que la France aura des data centers qu'elle maîtrisera nécessairement ses données », avertit le dirigeant de HPE France. En effet, les données transitent, sont stockées et servent à divers calculs et analyses. Elles peuvent être vulnérables tout au long de la chaîne. Que faire, alors ?
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HPE, spécialiste des solutions qui aident les organisations à améliorer leurs résultats en exploitant la valeur de leurs données, propose une approche hybride, combinant Clouds publics et Clouds privés. Et pour répondre aux besoins les plus critiques, l'entreprise a lancé en novembre 2024 le Disconnected Cloud, une solution unique permettant d'exploiter l'ensemble du portefeuille HPE dans un mode totalement déconnecté, tout en conservant la simplicité et l'expérience du cloud. De quoi minimiser les risques que fait planer le Cloud Act sur les données de nos entreprises.
Pas étonnant que des clients comme le ministère français des Armées aient recours, pour leurs infrastructures critiques, aux solutions HPE, capables d'apporter ce niveau de sécurité, cybersécurité et cyber-résilience. L'entreprise fournit par ailleurs des outils sur l'ensemble du cycle de vie des données. « Nos solutions incluent le réseau, pour le transport des données jusqu'au data center et leur stockage. Elles donnent aussi la possibilité de récupérer les données et, à l'aide de l'intelligence artificielle, de les analyser et de les structurer », explique Laurent Degré.
Dès ses débuts, HPE a intégré le développement durable dans sa stratégie. « C'est dans notre ADN », souligne Laurent Degré. L'entreprise est aujourd'hui leader en matière de refroidissement liquide direct des data centers, une technologie qui permet en outre de redistribuer la chaleur vers des bâtiments voisins et qui permet de réduire les coûts énergétiques de près de moitié.
La France bénéficie déjà d'une énergie largement décarbonée grâce au nucléaire et aux renouvelables. « Pour HPE, cela crée une résonance naturelle : nous aidons nos clients à tirer parti de cette énergie propre en limitant les gaspillages et en optimisant l'efficacité de leurs infrastructures. »
D'ailleurs, les députés ont intégré des critères liés à l'environnement et à l'usage de l'eau dans le projet de loi.
Tout semble donc prêt pour que la France réussisse. Reste cependant à mettre en place un écosystème, grâce auquel les acteurs - constructeurs de data centers, autorités locales, fournisseurs de produits et de services, opérateurs télécom, acteurs spécialisés dans l'environnement... - s'épauleraient. « Il s'agit de créer une véritable filière, conclut Laurent Degré, qui dynamiserait l'économie locale, la création d'emplois, directs et indirects, et la croissance française. » Sans oublier que cette filière, stratégique, contribuerait évidemment à l'indépendance numérique française.
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