« Les start-up abordent désormais le marché avec un business plan plus réaliste »

 |   |  751  mots
Stéphane Regnault, Président du Snitem et Président de Vygon.
Stéphane Regnault, Président du Snitem et Président de Vygon. (Crédits : DR)
Cette année marque la cinquième édition de la Journée start-up innovantes du dispositif médical. Pouvez-vous dresser un bilan de l'initiative du Snitem ?

Le premier indicateur du succès de ces journées, c'est l'augmentation de l'affluence : nous avons ainsi plus de 1300 inscrits cette année. Concernant le bilan qualitatif que l'on peut tirer de cette initiative, nous notons une prise de conscience accrue des caractéristiques du secteur, très réglementé, avec un parcours d'accès au marché long et difficile. Il y a donc une meilleure prise en compte des contraintes. Et lorsque les start-up, optimistes par nature, et c'est bien normal, abordent le marché avec un business plan plus réaliste, comme c'est de plus en plus souvent le cas, elles ont davantage de chances de succès. Et c'est évidemment ce que nous souhaitons. Pour le bien de tous les patients.

Quelles solutions la journée apporte-t-elle aux start-up qui veulent se lancer sur le marché, aussi bien français qu'européen et mondial ?

L'objectif principal de nos journées est d'offrir aux start-up les informations les plus concrètes possible, sous forme de tables rondes, de présentations et de retours d'expériences. En outre, notre volonté est de faire en sorte que les nombreux acteurs du secteur, que ce soit des start-up, des grands groupes, des fabricants, des avocats, des consultants se côtoient et aient la possibilité d'échanger. Nous espérons que ces membres de l'écosystème pourront se mettre à l'unisson, nouer des partenariats et travailler de concert. Enfin, le fait de valoriser des start-up - sélectionnées pour la qualité de leur innovation -leur offre une grande visibilité, aussi bien auprès d'industriels qui pourraient devenir des partenaires, voire des actionnaires, qu'auprès d'investisseurs.

Par ailleurs, il est clair qu'au-delà du marché européen, accessible avec un marquage CE médical, nous pouvons aussi conseiller les jeunes pousses sur les caractéristiques et les contraintes des autres marchés, comme les Etats-Unis, par exemple, avec la FDA. En général, d'ailleurs, nous suggérons aux start-up d'intégrer d'emblée, dans leur process de développement, les contraintes des autres grands marchés mondiaux où elles pourraient être amenées à commercialiser leur produit, plutôt que de découvrir ces contraintes a posteriori. Toutefois, l'accès au marché français n'étant pas des plus aisés, on peut estimer qu'elles sauront s'adapter facilement à d'autres marchés à l'international. Il s'agit en tout cas d'adopter dès le départ une démarche au moins européenne, voire plus large.

Suivez-vous chaque start-up primée lors des précédentes journées pour faire en sorte que son parcours (essais cliniques, financement...) se passe bien ?

Oui, nous continuons souvent à épauler les start-up qui ont remporté un prix lors des journées start-up innovantes du dispositif médical. Ne serait-ce que parce nous sommes attachés, presque émotionnellement, à ces jeunes pousses. Et si elles ont le désir de poursuivre le dialogue avec le Snitem, d'obtenir des conseils de notre part et de la part d'experts, notre porte est toujours ouverte ! Prenez le cas de Diabeloop, une start-up extraordinaire qui a mis au point le premier pancréas artificiel français. Nous continuons de l'épauler et de répondre aux questions de ses dirigeants lorsqu'ils s'adressent à nous. Cela dit, si nous continuons à suivre Diabeloop, la start-up rencontre tellement de succès et a acquis tellement de visibilité auprès du secteur que je ne suis pas sûr qu'elle ait encore besoin de nous !

Enfin, parlez-nous de vos propres actions, au sein de Vygon, en matière de soutien à des start-up...

Nous avons pris en effet une participation dans une start-up sélectionnée il y a deux ans, la société Oxynov, qui a développé la « FreeO2 », dispositif médical permettant, grâce à un algorithme innovant, d'ajuster en continu la délivrance d'oxygène à la saturation du patient. C'est très intéressant et nous avons jugé que cela apportait un bien-être supplémentaire aux patients, tout en raccourcissant le temps d'hospitalisation. En d'autres termes, c'est bon pour le patient mais aussi pour toute la société et pour le budget du système de santé. Et c'est bien là l'objectif des entreprises du dispositif médical : mieux prendre en charge les patients et leurs pathologies, tout en agissant en faveur de la société dans son ensemble. C'est un acte citoyen que de s'assurer que les fabricants de dispositifs médicaux sont de plus en plus performants et que la prise en charge des patients l'est tout autant.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :