Métropole du Grand Paris : 7 ans de prévention des inondations
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Il y a 115 ans, Paris était sous l'eau glacée, les grands boulevards se traversaient à la barque, et le zouave de l'Alma avait de l'eau jusqu'aux épaules... Depuis, la crainte d'une nouvelle crue centennale plane comme une épée de Damoclès au-dessus du fleuve, d'autant qu'elle menacerait cette fois 360 000 logements, 800 000 habitants et 70 000 entreprises, privant du jour au lendemain 5 millions de personnes d'eau potable et générant plus de 30 millions d'euros de dégâts rien que sur l'agglomération parisienne. C'est dire si la Métropole du Grand Paris - qui a la charge de la Gestion des Milieux Aquatiques et de la Prévention des Inondations depuis 2018 au titre de la compétence GEMAPI - est pleinement engagée sur ce sujet. « En tant que Président de la Métropole du Grand Paris et de Seine Grands Lacs, je suis très attaché à la solidarité de l'aval vers l'amont mais tout autant de l'amont vers l'aval ! Cette réciprocité nous manquait jusqu'à présent. C'est justement tout le travail en commun de Seine Grands Lacs et de la Métropole qui nous permettent de limiter au maximum les effets des inondations.»
À l'heure où le dérèglement climatique augmente les risques d'épisodes pluvieux intenses, l'urgence consiste donc à pouvoir stocker ou absorber de grands volumes d'eau en amont de la zone urbaine, protégeant ainsi la population, les transports et l'activité économique du territoire. Pour cela, la Métropole du Grand Paris et Seine Grands Lacs ont fait le pari d'engager des actions communes pour limiter les effets des inondations sur la zone métropolitaine. La première étant de créer un réservoir de 360 hectares en Seine et Marne, « le casier pilote Seine Bassée » dont les travaux sont terminés. En phase de test depuis janvier 2025, le Casier-Pilote Seine Bassée permettra de stocker 10 millions de mètres cubes d'eau afin d'abaisser de 15 cm le niveau de la Seine vers l'aval. Cet ouvrage complète la capacité de stockage des 4 premiers lacs-réservoirs déjà opérationnels en Champagne et dans le Morvan (830M m3).
Seine Grands Lacs coordonne également le travail des intercommunalités et des syndicats de rivière sur le bassin amont pour créer des « zones d'expansion des crues » (ZEC), accompagné par la Métropole qui participe au financement des travaux. Après 3 années de travail, 240 zones ont déjà été identifiées, contre 6 il y a trois ans. Elles cumulent un potentiel de rétention de 7 à 9 millions de mètres cubes supplémentaires, soit 10 centimètres de baisse de niveau. Mais cela ne suffit pas dans la lutte contre la crue centennale qui ne manquera pas de nous frapper ! Il faudra également faire appel à la solidarité du monde agricole pour une gestion du risque collective. Pour ce faire, la Métropole du Grand Paris indemnise les agriculteurs qui acceptent que leurs terres soient inondées en cas de surinondation. Des indemnisations financées par la « taxe GEMAPI » que prélève la Métropole du Grand Paris auprès des 5 millions d'habitants concernés sur son périmètre. « En deux ans, nous avons multiplié par dix le produit de la taxe GEMAPI que nous levons, détaille Patrick Ollier. Pour 2025, elle s'élève à 40 millions d'euros, soit seulement 5,4€ par habitant. »
Et si l'eau devait encore monter, la Métropole mène sur son territoire, de front, des actions d'information, des exercices de simulation et des travaux d'entretien réguliers de ses 64 kilomètres de digues et de ses 600 batardeaux (barrières anti-inondations) ... Et si, malgré tous ces efforts, la crue centennale devait toujours advenir ? À travers sa compétence GEMAPI, la Métropole aurait alors aussi agit pour reconstituer ses zones humides, renaturer ses cours d'eau et favoriser la biodiversité de ses milieux aquatiques, menant des chantiers écologiques d'ampleur nationale tels que celui de la Bassée. Mais si cette crue tant redoutée devait finir par se produire, tout aura été fait pour limiter au maximum les dommages sur le territoire métropolitain, mais aussi à Troyes, Châlons, Auxerre, et dans les vallées rurales de la Seine, de la Marne, de l'Yonne, de l'Aube et du Loing.
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