UPSA engagé dans la relocalisation du paracétamol
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Vingt ans après l'arrêt de la production de 8 000 tonnes de paracétamol annuelles par Rhodia, la fabrication de ce principe actif 100 % français est sur le point de connaître une renaissance. Dès 2026, le laboratoire pharmaceutique UPSA sera ainsi en capacité de produire ses médicaments emblématiques à base d'un paracétamol 100 % français, et ce grâce à son approvisionnement en circuit court auprès du chimiste Seqens, dès lors que sa ligne de production à Roussillon (38) sera opérationnelle. Une première puisque si l'ETI du Lot-et-Garonne produit le Dafalgan, le Fervex et l'Efferalgan dans ses usines d'Agen, elle est en revanche contrainte d'importer la molécule d'Asie ou des États-Unis, seuls pays producteurs aujourd'hui. « En 2008, le dernier chimiste fabriquant en France le principe actif de paracétamol a délocalisé sa production, nous contraignant ainsi à nous approvisionner à l'étranger », souligne Laure Lechertier, Directeur de l'accès au marché, des affaires publiques, de la communication et de la RSE d'UPSA. Selon l'Agence européenne des médicaments, 80 % des principes actifs pharmaceutiques viennent de Chine et d'Inde, et 40 % des médicaments commercialisés dans l'Union Européenne sont importés. Si bien qu'en dix ans, la situation de la France s'est dégradée. Le pays est devenu le 4ème fabricant européen de médicaments tandis qu'il était encore au premier rang il y a quelques années.
Face à des tensions et des ruptures d'approvisionnement régulières, mises en lumière et exacerbées par la crise du Covid, « soutenir la production locale de médicaments essentiels, comme ceux à base de paracétamol, est primordiale pour assurer et renforcer l'indépendance sanitaire de la France », précise Laure Lechertier. Produire dans l'Hexagone, « sans jamais connaître de pénurie ni délocaliser », UPSA sait de quoi il parle avec plus de 300 millions de boîtes de médicaments à base de paracétamol produites par an. Avec la volonté de contribuer à la relocalisation du principe actif, le laboratoire a donc fait le choix stratégique de « remonter d'un cran dans la chaîne de valeur de sa production ». Auprès de son partenaire industriel Seqens, il investit alors dans la chaîne de production de paracétamol relocalisée et s'engage à s'approvisionner sur le long terme sur des volumes. Actuellement en construction, la nouvelle ligne de production va entrer en phase de mise en service industrielle pour être opérationnelle dans moins de deux ans. Si UPSA compte plus de 1 700 salariés à Agen (1 900 au total), l'entreprise soutient indirectement 3 500 emplois en France, ce qui en fait un acteur fortement mobilisé et ancré dans son territoire.
Plus globalement, UPSA défend l'idée que la souveraineté industrielle doit répondre à une triple responsabilité. Premièrement, une responsabilité envers les populations à qui la continuité d'accès aux traitements matures et innovants doit être assurée pour protéger leur santé et leur bien-être. Le laboratoire agenais a ainsi une stratégie d'investissement annuelle soutenue en recherche et développement. Deuxièmement, une responsabilité environnementale : la souveraineté sanitaire se doit d'être durable. Et troisièmement une responsabilité économique : en investissant dans ses outils de production, UPSA contribue à la croissance économique à long terme de la Région Nouvelle-Aquitaine et plus globalement de la France.
Ce projet tricolore au temps long, démarré en 2020, s'inscrit par ailleurs dans le plan Conquête UPSA 2027. Celui-ci prend une dimension particulière puisque les enjeux environnementaux et sociétaux sont au cœur de sa feuille de route. La production de ses médicaments, dont ceux à base de paracétamol, devront donc répondre aux critères de développement durable visant à réduire leur empreinte carbone. Si UPSA affiche sa détermination à concrétiser le retour en France de la production du principe actif, l'ETI défend la valorisation de la fabrication 100% française dans la fixation des prix des médicaments au titre des externalités positives générées sur le territoire national, mais aussi des investissements qu'elle concède à faire pour soutenir son engagement en faveur du développement durable.
« Notre rentabilité en France est insuffisante car les médicaments ne sont pas reconnus à leur juste prix. A titre d'exemple, sur le marché français, nous vendons nos médicaments à base de paracétamol 76 centimes d'euros hors-taxes, ce qui ne couvre ni nos frais de production engagés ni l'inflation des matières premières à laquelle nous sommes confronté, ni les impacts positifs sur le territoire de la Nouvelle Aquitaine », détaille Laure Lechertier. Avec 500 millions d'euros de chiffre d'affaires, UPSA réalise 57 % de son activité à l'international, dans 60 pays, ce qui compense le manque de rentabilité français. « Dans un contexte de réindustrialisation des territoires, si nous voulons maintenir les sites, il faut pouvoir changer de paradigme et revaloriser nos prix avec une vraie politique du médicament. » Mais ce n'est pas tout. Le laboratoire agit pour faire évoluer la politique fiscale « à bout de souffle » et prône une baisse des taxes « alors même que nous participons au dynamisme et à la cohésion des territoires », remarque Laure Lechertier.
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Célébrant ses 90 ans l'an prochain, UPSA est un acteur clé dans la production française de médicaments essentiels. En contribuant à la relocalisation de la fabrication du principe actif de paracétamol, elle affiche distinctement sa volonté de soutenir la réindustrialisation tout en soulignant l'importance que la France retrouve sa souveraineté sanitaire durable. « Un cap ambitieux réalisable pouvant s'appuyer sur les atouts de la France, mais qui nécessite aussi un changement d'approche dans la politique publique de régulation du médicament », prévient Laure Lechertier.
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