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"Pour les Femmes dans les médias" : l'association qui bouscule l'audiovisuel, la presse et le cinéma

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Soirée des remises des Trophées PFDM en présence de Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat à l'égalité entre les femmes et les hommes, entourée de Mercedes Erra et François Laborde
Soirée des remises des Trophées PFDM en présence de Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat à l'égalité entre les femmes et les hommes, entourée de Mercedes Erra et François Laborde (Crédits : DR)
Lundi 5 mars, l'association " Pour les femmes dans les médias " a décerné ses trophées 2018 en présence de Marlène Schiappa et de personnalités de l'audiovisuel et du cinéma.

Créée il y a 6 ans à l'initiative de Françoise Laborde, l'association « Pour les femmes dans les médias » a pour but de promouvoir la mixité dans l'audiovisuel, la presse et le cinéma. Et la tâche, hélas, est immense ! D'abord, faut-il rappeler que la France affiche un flagrant retard. Les femmes ne sont en effet que 35% à intervenir dans les programmes. Et pour aller plus loin, selon les chiffres sourcés par PFDM en 2015 : sur les 4 principaux quotidiens français (Le Monde, Le Parisien, Libération, Le Figaro), seulement 14,2 % de leurs Unes parlent d'une femme. Dans les pages intérieures, 78,4% des personnalités citées sont des hommes. Question visibilité des experts au féminin, il est clair que le problème se pose là. Quant aux articles signés, seulement 12,5% des articles valorisant les idées et opinions (tribunes, chroniques, éditos) le sont par des femmes. A la télévision, le temps de parole des femmes est nettement inférieur aux hommes : seulement 30%. Quant aux femmes qui s'expriment sur le petit écran, 42% d'entre elles ont un statut d'encadrant ou de dirigeant contre 55% des hommes.

Agir au quotidien

C'est dire s'il y avait urgence à créer un collectif de femmes engagées pour la mixité dans les médias. Aujourd'hui PFDM réunit les femmes dirigeantes des médias afin de les aider à peser dans le secteur économique et plus largement dans la modification des comportements sociétaux. Car, il faut bien le dire, les vieux réflexes machistes perdurent et il faudra encore quelques décennies (moins espérons-le) pour que l'éducation des générations à venir soit plus juste et égalitaire, en tous les cas sans différence de genre.

En attendant, et pour être visibles, les femmes sont bel et bien obligées d'être les premières actrices de leur visibilité. En créant les Trophées PFDM, l'équipe de l'association Pour les femmes dans les médias, entend bien faire le buzz et rappeler à tous que les femmes, par leur expertise, leur savoir-faire et leur talent méritent tout aussi bien que les hommes la Une des journaux ; journaux dont elles sont également à même de pouvoir signer les articles. Et que ce soit devant ou derrière la caméra, sur petit ou grand écran, les femmes ont leur place... à prendre !

Création d'une Charte de bonne conduite

Certaines d'entre elles l'ont d'ailleurs bien fait entendre ce lundi 5 mars au Pavillon Dauphine dans le cadre de la soirée de remise des Trophées PFDM ; soirée durant laquelle a été annoncée l'élaboration d'une Charte de bonne conduite des relations femmes hommes dans les entreprises audiovisuelles. La table ronde consacrée au harcèlement dans les médias, nous a rappelé par la voix de la cinéaste Tony Marshall à quel point il fallait accélérer. La charte engagera les membres de l'association et les entreprises partenaires afin que cesse toute forme de harcèlement sexuel et que chacun réalisent à quel point les comportements sexistes sont à proscrire. Après la prise de conscience, vient le temps de l'action. Agir, maintenant, pour éviter qu'il soit trop tard.

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Les lauréates des Trophées « Pour les Femmes dans les médias » 2018 :

> Prix Information : Manon Loizeau pour « Syrie, le cri étouffée », un documentaire qui relate la parole des victimes du régime de Bachar el-Assad pour faire entendre la voix des Syriennes qui ont survécu à l'expérience traumatisante du viol.

> Prix Fiction : Magaly Richard-Serrano et Flavie Flament pour « La Consolation », un film adapté du récit autobiographique de Flavie Flamant sur le traumatisme, la sidération et l'amnésie qui l'ont frappée après le viol dont elle a été victime à l'âge de 13 ans.

> Prix Inspiration : Frédérique Bedos pour son « Projet Imagine », une ONG qu'elle a fondée et qui promeut un journalisme de l'espérance et produit des documentaires mettant en scène des héros du quotidien ; ces inconnu(e)s qui accomplissent des actions exceptionnelles.

++  Pour aider et rendre visibles les jeunes générations, PFDM s'associent à d'autres associations

> Prix des ateliers du féminisme populaire : Camilya Othmani intègre Khâgne, Hypokhâgne, enchaîne avec un Master de philosophie et de communication et finalement créé cette année sa propre agence de communication politique : Pandore

> Prix du Médiaclub'Elles : Elise Goldfarb et Julia Layani créatrices de Fraîches, le média qui compte déjà 1,7 millions d'abonnés sur Facebook.

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