De nouveaux rebondissements dans l'affaire Karachi

Le Nouvel Observateur a révélé l'audition de Charles Millon par le juge Van Ruymbeke dans l'un des volets de l'affaire de l'attentat de Karachi. L'ancien ministre de la Défense a confirmé l'existence de rétro-commissions en 1994 et 1995.
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)

L'affaire de l'attentat de Karachi n'a pas fini de faire parler d'elle. Une nouvelle étape paraît avoir été franchie sur les éventuelles rétro-commissions qui auraient été versées en 1994 et 1995, en marge d'un contrat de vente au Pakistan de sous-marins français, pour financer la campagne présidentielle de l'ancien Premier ministre Edouard Balladur.

Le Nouvel Observateur vient en effet de révéler le contenu de l'audition de l'ancien ministre de la Défense Charles Millon entendu le 15 novembre par le juge d'instruction Renaud Van Ruymbeke en charge d'une enquête pour faux témoignage et entrave à la justice dans ce dossier.

Audition de Charles Millon

Selon l'ancien ministre, le sentiment était qu'il y avait eu des rétrocommissions au regard des rapports des services secrets et des analyses effectuées par les services du ministère de la Défense. Devant le juge d'instruction, Charles Millon aurait indiqué que le président de la République Jacques Chirac lui avait demandé de faire une vérification des contrats d'armement.

Le chef de l'Etat voulait moraliser la vie publique et politique. Il aurait par conséquent ordonner au ministre de la Défense de mettre fin à tout système de rétrocommissions. Dans son audition, Charles Millon aurait indiqué au juge d'instruction d'avoir été en relation directe avec les conseillers de Jacques Chirac, y compris le secrétaire général de l'Elysée Dominique de Villepin, pour informer fréquemment de l'avancée de la vérification des contrats.

Secret du délibéré des Sages

L'ancien Premier ministre Edouard Balladur a toujours démenti l'existence de telles rétro-commissions pour financer sa campagne présidentielle dont le porte-parole était Nicolas Sarkozy. Présidé à l'époque par Roland Dumas, le Conseil constitutionnel avait validé les comptes de campagne d'Edouard Balladur. Les Sages n'avaient pas suivi l'avis de rejet des rapporteurs.

Le juge Van Ruymbeke avait demandé fin octobre 2010 au président du Conseil constitutionnel Jean-Louis Debré d'avoir accès au contenu des échanges entre les Sages qui avait amené à la validation des comptes de campagne d'Edouard Balladur. Le président du Conseil Constitutionnel a refusé en avançant le secret du délibéré. Le juge Van Ruymbeke pourrait prendre de nouvelles initiatives dans les semaines à venir.
 

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 0

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

Il n'y a actuellement aucun commentaire concernant cet article.
Soyez le premier à donner votre avis !

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.