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Une nouvelle "working girl" nommée Zahia Dehar

Pierre Kupferman

Publié le 25 décembre 2010 à 07:00

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La call girl Zahia Dehar, dont les relations sexuelles tarifées avec le footballeur Franck Ribery ont fait scandale, se prépare à lancer des produits à son nom en commençant par de la lingerie.

Bâtir une marque en s'appuyant sur la popularité d'une vedette nationale voire mondiale ? Dans l'histoire du marketing les exemples ne manquent pas. Céline Dion, Britney Spears ou la championne de tennis Maria Sharapova ont par exemple tâté le terrain en donnant leur nom à des parfums. Avec plus ou moins de bonheur.

Le même ressort peut-il servir lorsqu'on doit sa notoriété à un scandale sexuel ? Zahia Dehar, dont les ébats tarifés avec plusieurs stars du football ont fait la une des médias, va tenter de le démontrer. La désormais célèbre hétaïre a déposé ces derniers mois une demi-douzaine de marques comprenant son prénom seul ou en association soit avec son nom de famille soit avec des termes plus explicites. Elle pourrait ainsi exploiter demain la marque Pretty Zahia, Zahiadora, Zahiadise voire "A dream by Zahia", nom envoyé ce mercredi à l'OHMI, l'office européen qui enregistre les dépôts pour toute l'Union européenne.

Celle à qui Franck Ribéry doit d'avoir été mis en examen en juillet dernier, a, pour ses futures affaires, fait appel à un prestigieux cabinet d'avocats. «Nous avons déposé ces marques à titre défensif pour empêcher d'autres de le faire» assure maître Anne-Marie Pecoraro, avocate associée chez Aklea. Le nombre de noms déposés et le fait que ce cabinet ait aussi pris soin de les protéger au niveau européen laisse pourtant clairement à penser que sa cliente travaille à leur utilisation commerciale.

Et si l'on s'en tient à la liste des centaines de produits et services pour lesquelles Mlle Dehar dispose désormais d'un droit d'exploitation exclusif de son prénom, on peut penser que cette jeune femme ne manque pas d'ambition. On y trouve pêle-mêle les huiles de massages, les colliers pour animaux, les nuisettes, ainsi que la production de films, émissions de télévision ou radio, la location de chambres d'hôtels et même... les services de crèches et de pouponnières. Selon nos informations, il s'agit seulement de lancer, dans un premier temps, une ligne de sous-vêtements coquins. La call girl bénéficierait pour cela de l'appui financier d'un homme d'affaires allemand.

Le nom de domaine Zahia.fr déjà déposé par un bloggeur

Mais il y a encore un hic. Le nom de domaine Zahia.fr a été déposé en avril 2010 par une star de la blogosphère : Paul Da Silva, président du parti Pirate, qui milite pour la suppression de la Hadopi. "En avril je dépose le nom de domaine en voyant des messages très drôles sur twitter à ce propos. Je n'ai que faire du foot ou des people, c'est l'humour qui m'amuse et s'il est noir c'est encore mieux. J'ai directement une idée de ce que je veux mettre dessus un agrégateur de ces messages et qui permette de sélectionner les meilleurs pour faire un site d'humour dont le contenu a été créé par plusieurs personnes." explique-t-il.

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Mais début décembre, après avoir reçu une lettre de mise en demeure de Me Pecoraro, Paul Da Silva préfère arrêter provisoirement l'exploitation ce ce site. "On a essayé de m'impressionner avec des arguments juridiques fallacieux. Mais j'ai déposé le nom de domaine avant que la marque Zahia le soit." explique-t-il. Ce mercredi, l'avocate, jointe à nouveau, a proposé un arrangement à l'amiable mais Paul Da Silva a décidé de porter l'affaire devant les tribunaux. "Toute demande de suppression de contenu licite en le sachant licite est passible de peine de prison" souligne-t-il. Et il l'assure : pour lui ce n'est pas une question d'argent.

Pierre Kupferman

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