Guerre au Moyen-Orient : les économies émergentes souffrent mais devraient résister en 2026

Le Liban et l'Irak sont les deux économies les plus touchées par les conséquences de la guerre au Moyen-Orient.
© Agathe Perrier, La Tribune

Le Liban et l'Irak sont les deux économies les plus touchées par les conséquences de la guerre au Moyen-Orient.
© Agathe Perrier, La Tribune
Les économies émergentes ne sont pas épargnées par les conséquences de la guerre au Moyen-Orient, loin de là. La croissance dans ces régions du monde devrait ralentir en 2026 par rapport à l’année précédente, selon les dernières prévisions de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) dévoilées mercredi. Le produit intérieur brut (PIB) moyen devrait ainsi atteindre +3,1 %, contre +3,4 % en 2025.
Cette prévision d’une croissance à +3,1 % en 2026 est en baisse de 0,5 point par rapport à la précédente estimation de février, établie avant l’entrée en guerre des États-Unis et d’Israël en Iran. Le conflit, qui dure depuis maintenant trois mois, est considéré par la BERD comme « le principal facteur de perturbation des perspectives régionales ».
Les économies de la BERD n’avaient pas besoin de cette dégradation du contexte géopolitique. « Le conflit au Moyen-Orient a infligé un nouveau choc à des régions déjà confrontées à la faiblesse de leurs industries manufacturières et à des situations budgétaires fragiles », explique Beata Javorcik, économiste en chef de la BERD, dans un rapport.
Le conflit a entraîné une hausse des prix du pétrole et du gaz. Un choc énergétique qui a tiré l’inflation à la hausse, alors que celle-ci s’était modérée dans ces régions fin 2025, sous l’effet de taux d'intérêt réels positifs et d’une croissance nominale des salaires plus faible. L'inflation moyenne a bondi de 1,2 point de pourcentage entre février et avril, pour atteindre 6,4 %.
Les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, toujours bloqué à l’heure actuelle, et l'écart croissant entre les coûts énergétiques européens et américains, ont également pesé sur la compétitivité de ces régions et freiné leur dynamique économique.
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Les révisions à la baisse les plus marquées concernent le Liban et l’Irak. Les prévisions de la BERD pour ces deux pays, les plus directement touchés par le conflit au Moyen-Orient, ont été réduites de -6 et -5,1 points de pourcentage respectivement. Si bien que ces deux économies sont attendues en récession en 2026, avec une croissance de -2 % pour le Liban et -1,5 % pour l’Irak.

La situation est identique pour la Roumanie, bien que dans une moindre mesure. La prévision de croissance de ce pays de l’est de l’Europe a perdu -1,4 point par rapport à février, pour s’établir à -0,2 % sur l’ensemble de 2026. Une dégradation qui est davantage liée à l’instabilité politique, le gouvernement, installé depuis seulement un an, ayant été renversé début mai.
La Turquie ne devrait pas échapper aux conséquences du conflit au Moyen-Orient. Sa prévision de croissance a été baissée de -0,5 point, à l’instar de celle de la Slovaquie, sur fond de hausse des coûts de l'énergie et de fortes pressions inflationnistes.
Avec une baisse de -1,5 point de sa prévision, le Sénégal fait aussi partie des plus touchés. Il subit encore plus fortement que le reste de la région d’Afrique subsaharienne les perturbations commerciales liées à la guerre, la hausse du coût des importations d’énergie et la faiblesse des investissements. Dans cette partie du monde, seul le Bénin tire son épingle du jeu avec une hausse de la prévision de croissance de 0,2 point.
Malgré la baisse généralisée des prévisions de croissance des économies émergentes, ces dernières devraient connaître une année plus prolifique que les grandes économies mondiales. La croissance moyenne attendue y est en effet deux fois plus élevée que celle des 38 membres de l’OCDE (+1,5 % en 2026).

Nombre de grandes économies devraient enregistrer une croissance en berne cette année, à commencer par la France (0,7 %), sur qui plane d’ailleurs un risque de récession. La croissance est aussi attendue au ralenti en Allemagne (0,7 %), en Italie (0,5 %), au Japon (0,6 %). Les États-Unis devraient faire mieux (2 %), grâce aux investissements massifs dans l’intelligence artificielle.
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Cette décélération de la croissance en 2026 pour les économies de la BERD devrait toutefois laisser place à une reprise dès l’année prochaine. Avec une croissance attendue moyenne fixée à +3,6 % en 2027 par l’organisation, elle serait même supérieure à son niveau de 2025. C’est toutefois 0,1 point de moins que lors de la précédente estimation de février.
Une nouvelle baisse des prévisions n’est cependant pas à exclure. Tout dépendra de la durée du conflit au Moyen-Orient, qui ne cesse de s’enliser pour le moment.
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