L'Europe sociale plébiscitée par le PS

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Les leaders socialistes ont défendu, mardi 23 septembre à Paris, leurs motions à la Mutualité. Après avoir examiné les questions européennes et celles liées à la fiscalité communautaire des contributions socialistes, Euractiv.fr revient sur la notion d'"Europe sociale", abondamment présente dans ces textes.

Consensus au Parti socialiste. Le fait est assez rare, par les temps qui courent, pour être signalé. Objet de l'accord: l'"Europe sociale". L'expression revient sans cesse dans les contributions des ténors socialistes qui ont choisi de parler d'Europe.

Marylise Lebranchu évoque une Europe "capable de réguler le capitalisme et ses méfaits", alors que selon Ségolène Royal, l'Europe ne doit pas empêcher "les Etats de décider du niveau de solidarité qu'ils souhaitent". Deux conceptions opposées? "En fait, on peut soutenir les deux thèses", explique Joël Maurice, spécialiste de la question de l'Europe sociale. "On retrouve par exemple ce balancement chez Jacques Delors", poursuit-il.

Le social fait en effet partie des compétences partagées entre l'Europe et les Etats membres. Mais faut-il pour autant aller jusqu'à l'instauration d'un traité de l'Europe sociale, comme le demandent par exemple Christophe Caresche et Pierre Larrouturou? "Je ne crois pas, estime Joël Maurice. Il vaudrait mieux que des dispositions sociales soient inclues dans le traité."

La diversité de ces conceptions révèle en fait que le Parti socialiste ne s'est toujours pas remis du déchirement sur l'Europe, éprouvée au moment du référendum français sur le projet de Constitution européenne. "Cela masque le vide qu'il y a sur l'Europe au Parti socialiste", poursuit Joël Maurice. "Mettre en avant le concept d'"Europe sociale", c'est une manière de se réconcilier avec l'Europe."

Quid de la revendication d'un salaire minimal européen, formulé par exemple par François Hollande dans son texte? "Les traités excluent catégoriquement que les salaires puissent faire partie du dialogue social", argue Joël Maurice, qui explique que "dans l'état actuel des choses, il faudrait un accord politique nouveau" sur le sujet. "Quand les socialistes parlent de salaire dans un contexte européen, c'est en connaissance de cause, poursuit-il. Ils ont une vraie volonté politique d'introduire ce point au volet social de l'UE." En 1999, le processus de Cologne évoquait les questions salariales, précisant ainsi: "les salaires doivent évoluer de manière soutenable, les augmentations salariales doivent être compatibles avec la stabilité des pris et la création d'emplois".

Pour le secrétaire national de la CFDT en charge des Affaires européennes, Marcel Grignard, la qualité de l'Europe sociale est un élément de la performance économique. "Au quotidien, ça doit se traduire par une forme de dialogue social." "L'Europe sociale, aujourd'hui, c'est un certain nombre de valeurs dans les traités, les annexes, la charte des droits fondamentaux et un certain nombre de directives", poursuit-il.

Selon lui, la conception de l'Europe sociale repose en fait sur la vision d'autres questions comme la place de l'espace public, la place de l'Europe dans le monde ou la question de la subsidiarité. "La diversité des définitions socialistes de ce concept est en fait intimement liée aux divergences des leaders du parti sur d'autres questions fondamentales", conclut-il

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