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ÉconomieInternational

Une semaine marquée par les tractations autour du plan Paulson

latribune.fr

Publié le 26 septembre 2008 à 16:28 - Mis à jour le 26 septembre 2008 à 16:33

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A la Une de l'actualité cette semaine, les discussions autour du plan de sauvetage du secteur bancaire américain. De nouveaux mouvements dans le capital des banques américaines, le rachat de British Energy par EDF, les tractations entre les syndicats d'Alitalia et les repreneurs potentiels dont Air France -KLM et le budget 2009 de la France ont également fait les gros titres.

LE PLAN PAULSON TOUJOURS PAS ADOPTE, LES MARCHES S'IMPATIENTENT

Le plan Paulson tarde à être adopté. Après une semaine d'incertitudes, le gouvernement et le Congrès ne se sont pas encore mis d'accord. Les démocrates accusent les républicains de vouloir faire d'autres propositions. Le président George W Bush appelle pourtant à trouver rapidement une solution.

Ce plan de sauvetage du secteur bancaire prévoit le rachat par l'Etat les actifs à risque et les créances douteuses des grands établissements financiers américains. pour un montant pouvant aller jusqu'à 700 milliards de dollars. Ces actifs seront alors regroupés dans une structure de cantonnement puis revendus pour tenter de limiter les pertes, qui seront supportées par les contribuables américains.

MANOEUVRE DANS LA FINANCE AMERICAINE

Goldman-Sachs et Morgan Stanley, les deux dernières banques d'investissement indépendantes de Wall Street, ont annoncé cette semaine l'entrée dans leur capital d'investisseurs. Le milliardaire Warren Buffet, à travers sa holding Berkshire Hathaway, va ainsi investir 5 milliards de dollars dans Goldman-Sachs et pourrait doubler la mise dans les cinq prochaines années. La banque va de plus lever 5 milliards supplémentaires sur les marchés, contre 2,5 milliards prévus initialement. Pour Morgan Stanley, c'est la banque japonaise Mitsubishi UFJ Financial Group (MUFG) qui va entrer dans le capital à hauteur de 10 à 20%. Cet investissement pourrait atteindre 8,4 milliards de dollars. Morgan Stanley avait entamé la semaine dernière des négociations avec des repreneurs potentiels, dont l'américain Wachovia et le chinois Citic, avant d'y renoncer.

La première caisse d'épargne américaine, Washington Mutual, a elle mrodu la poussuière, signant la plus grosse faillite de l'histoire bancaire américaine. Une partie de ses dépouilles, l'activité bancaire proprement dite, a été reprise par JP Morgan, qui avait déjà racheté au milieu de la crise la banque d'affaires bear Stearns elle aussi menacée de faillite. JP Morgan verse pour cela 1,9 milliard de dollars mais doit procéder à une augmentation de capital d'abord fixée à huit milliards de dollars puis portée à dix milliards afin de renforcer ses fonds propres.

Du côté de Lehman Brothers, pacée sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, l'ancienne quatrième banque d'investissement de Wall Street poursuit ses cessions d'actifs. Le japonais Nomura a ainsi racheter cette semaine la totalité des opérations asiatiques et les activités courtage et banque d'investissement en Europe de Lehman. La semaine dernière, le groupe britannique Barclays s'était portée acquérer des activités de Lehman en Amérique du Nord et du siège de la banque à New York, pour un montant de 1,35 milliard de dollars.

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American International Group (AIG) a conclu un accord avec la Réserve fédérale américaine (Fed), précisant les modalités de son plan de sauvetage. Le premier assureur américain va bénéficier d'une facilité de crédit permanent de 85 milliards de dollars en échange de 79,9% de son capital, qui reviendra à l'Etat. Ce prêt a été accordé a des taux très élevés pour inciter AIG à le rembourser rapidement, notamment par l'intermédiaire de la vente de certains actifs. Le nouveau patron de l'assureur, Edward Libby, a par ailleurs annoncé qu'un inventaire des actifs profitables pouvant être vendus serait dressé la semaine prochaine. De grands actionnaires du groupe avaient tenté d'empêcher cette nationalisation de fait, cherchant à vendre à vendre rapidement des actifs et à lever des capitaux, notamment auprès de fonds souverains.

EDF RACHETE BRITISH ENERGY APRES AVOIR REEVALUE SON OFFRE

EDF va mettre la main sur British Energy (BE) pour 15,6 milliards d'euros. Le conseil d'administration de l'opérateur nucléaire britannique a officiellement accepté ce mercredi une offre revalorisée de l'électricien français, à 774 pence par action. C'est 9 pence de plus que la première offre, rejeté par certains grands actionnaires de BE. Le groupe dirigé par Pierre Gadonneix propose de racheter le britannique soit tout en numéraire, soit en partie en numéraire et en partie en titres. Le groupe énergétique britannique Centrica a par ailleurs indiqué qu'il était en discussions avec le français pour prendre 25% de la nouvelle entité.

Avec cette opération, EDF rentre sur le prometteur marché nucléaire britannique, en plein développement. L'énergie nucléaire ne représente qu'un cinquième de la consommation d'électricité outre-Manche, contre quatre cinquièmes en France. Le gouvernement a autorisé en janvier dernier la construction de nouvelles centrales. Et l'électricien français s'est engagé à construire quatre réacteurs EPR en Grande-Bretagne avec une première mise en service prévue pour 2017.

Le rachat de British Energy fait oublier l'échec subi par EDF sur le dossier Constellation Energy, dont EDF possède 9,51% du capital. Le groupe a lancé une offre de rachat sur la firme américaine vendredi dernier, au prix de 35 dollars par action. Mais Constellation a finalement choisi d'être racheté par le milliardaire américain Warren Buffet pour 4,7 milliards de dollars et non par un consortium mené par EDF, qui était pourtant d'un montant supérieur. Le Français s'est dit prêt à discuter avec d'autres partenaires aux Etats-Unis et a affirmé que certains groupes se sont manifestés.

SAUVETAGE EN VUE POUR ALITALIA, PASSEE TOUT PRES DE LA FAILLITE

La compagnie italienne Alitalia pourrait finalement être sauvée, après plusieurs mois d'incertitudes. Le plus gros syndicat italien, la CGIL, serait en passe de donner son accord à la reprise de la compagnie exsangue pour une alliance d'investisseurs italiens, réunis au sein de la Compagnie aérienne italienne (Cai). Les syndicats auraient changé de position à la suite de concessions de dernière minute de la Cai, sur les rémunérations, les congés, les contrats et sur le sort des salariés précaires. Les négociations entre les repreneurs potentiels et les syndicats avaient capoté la semaine dernière, conduisant la Cai à lancer un ultimatum et à retirer son offre.

L'intervention de Sylvio Berlusconi, le président du Conseil italien, qui s'était engagé durant la campagne électorale à trouver une solution, a permis de débloquer la situation. L'urgence était de mise. La compagnie, qui perd 3 millions d'euros par jour, était menacée de faillite. Et l'appel lancé par le commissaire extraordinaire nommé pour gérer Alitalia afin de trouver un nouveau repreneur était resté lettre morte. Le plan de relance mis en place par la banque Intesa Sanpaolo prévoit par ailleurs un partenariat avec une compagnie étrangère. Air France-KLM pourrait ainsi prendre entre 10% et 20% du capital de la nouvelle société, mais l'allemand Lufthansa et le britannique British Airways seraient également intéressés.

BUDGET FRANCAIS SOUS CONTRAINTE POUR 2009

Le gouvernement a présenté vendredi le premier projet de loi de finance (PLF) à s'inscrire dans une perspective pluriannuelle (2009-2011). Compte tenu de la crise fianncière et du ralentissement économique actuel, il a été établi sur une prévision de croissance de 1 à 1,5% du PIB en 2009, mais les estimations se basent plutôt sur le bas de cette fourchette et l'élasticité des revenus a été estimée à 0,8%. Bercy table sur un déficit de 2,7% du PIB en 2008, comme en 2009.

Les comptes de l'Etat devraient terminer l'année sur un déficit de 49,4 milliards d'euros, un chiffre supérieur aux 41,7 milliards annoncés précédemment. D'après le ministère de l'Economie, ce résultat s'explique par une moins-value de 5 milliards d'euros sur les recettes fiscales et une augmentation des charges de la dette de 4 milliards d'euros en raison de la remontée des taux d'intérêt. L'an prochain, le chiffre du déficit avancé par le gouvernement est de 52,1 milliards.

Mais Bercy précise que "la dégradation apparente du déficit 2009 est liée à deux mesures destinées à régulariser le financement d'entités publiques déficitaires. Il s'agit de la dette du fonds de financement des protections sociales agricoles (Fipsa) et de la rebudgétisation de l'agence financière des infrastructures de transports (Afit). Sans ces deux opérations, le déficit 2009 devrait atteindre 49,2 milliards d'euros selon les calculs de Bercy, soit légèrement inférieur à celui de 2008.

Le gouvernement explique qu'il compte arriver à cette amélioration malgré la conjoncture économique délicate, en resserrant les dépenses de l'Etat. La masse salariale de l'Etat va connaître une nette cure d'amaigrissement avec le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux, soit 30.627 emplois, "un chiffre sans précédent", selon les déclarations de Nicolas Sarkozy hier à Toulon. Les collectivités territoriales vont devoir elles aussi se serrer la ceinture. Leurs dotations ne seront revalorisées qu'au rythme de l'inflation et le président de la République a clairement estimé que "le moment est venu de se poser la question des échelons de collectivités locales", dont la multiplication est "une source d'inefficacité et de dépenses supplémentaires".

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