Au G7, Trump imposera son humeur et son calendrier

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REUTERS - Evelyn Hockstein

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« Il n'est pas possible de "gérer Trump" comme pendant son premier mandat », explique Liana Fix, chercheuse associée au Council on Foreign Relations, avant ce sommet qui rassemblera la France, les Etats-Unis, l'Allemagne, le Canada, l'Italie, le Japon et le Royaume-Uni. Tous ces pays ont subi les foudres commerciales ou les intimidations diplomatiques de Donald Trump.
A l'exception de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi, que le président américain apprécie beaucoup, les dirigeants attendus au bord du lac Léman ont tous été la cible à un moment ou un autre d'attaques, de critiques ou de moqueries du milliardaire républicain.

Ni l'impopularité croissante aux Etats-Unis de Donald Trump, qui pourrait lui coûter le contrôle du Congrès en novembre, ni l'annulation par la Cour suprême de ses droits de douane tous azimuts ne devraient le radoucir face à ses partenaires internationaux. Les Européens en particulier ont appris à "espérer le meilleur tout en se préparant au pire", résume Liana Fix.
Confirmant que "L'Amérique d'abord" (America First) reste le mot d'ordre du moment, les États-Unis ont d'ailleurs informé les Européens de leur volonté de réduire de manière significative le nombre d'avions et de navires de guerre mis à la disposition de l'Otan en Europe, selon le New York Times.
« Je ne crois pas que nous verrons un président affaibli. Je pense qu'il va y aller et faire ce qu'il fait toujours, à savoir essayer de passer en force sur des sujets très compliqués », analyse pour l'AFP Jackson Janes, expert au German Marshall Fund of the United States.
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Donald Trump « dit qu'il n'aime pas ces réunions multilatérales » mais « il ne supporte pas que des dirigeants du monde entier se rassemblent sans lui », a pour sa part souligné Victor Cha, expert au Centre d'études internationales et stratégiques (CSIS), pendant une conférence de presse.
« Donc il vient, et il a tendance à partir tôt », comme l'an dernier lors du G7 au Canada, avertit-il.
Le président français Emmanuel Macron espère convaincre l'impatient président américain de rester assez longtemps pour un dîner à Versailles mercredi soir, en pariant sur son goût pour les décors fastueux et sa fascination pour la monarchie.
La France s'est déjà efforcée de mettre le président américain dans les meilleures dispositions, en changeant les dates du sommet pour qu'il ne coïncide pas avec un tournoi de MMA organisé dimanche à la Maison Blanche, le jour du 80e anniversaire de Donald Trump.
L'absence de l'Afrique du Sud, qui avait été pressentie au sommet du G7, a aussi été interprétée par certains experts comme une concession face à Washington. Paris assure toutefois n'avoir subi aucune pression pour désinviter ce pays que Donald Trump accuse, sans preuves, de "persécuter" à grande échelle sa population blanche.
Plusieurs analystes soulignent qu'au-delà des sautes d'humeur imprévisibles du président américain, les sujets de discussion proposés par Paris s'alignent avec certains de ses centres d'intérêts, en particulier sur la question des rapports commerciaux avec la Chine.
Si la donne n'a pas été bouleversée depuis l'an dernier en ce qui concerne les relations entre le dirigeant républicain et les dirigeants des pays traditionnellement alliés aux Etats-Unis, le rapport de forces s'est quelque peu modifié concernant l'Ukraine.
« En 2025, les Européens étaient résignés à s'incliner face à Trump » pour tenter de préserver le soutien américain à Kiev, mais « nous sommes aujourd'hui dans une dynamique différente, où l'Ukraine est moins dépendante des Etats-Unis », a indiqué Max Bergmann, expert au CSIS, pendant un échange avec des journalistes.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui sait sans doute mieux que quiconque qu'une rencontre avec Donald Trump peut facilement dégénérer, a été invité à participer à une séance de discussions à Evian.
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