Une semaine marquée par le dépôt de bilan de Chrysler

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A la Une de l'actualité cette semaine, le placement sous la protection du Chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites du constructeur automobile américain Chrysler. L'épidémie de grippe porcine qui s'étend, le feu vert obtenu par BNP Paribas pour le rachat de Fortis et les prévisions pessimistes du gouvernement allemand ont également fait les gros titres.

Chrysler dépose son bilan et trouve un accord avec Fiat

Le constructeur automobile américain Chrysler a déposé son bilan jeudi. Ce dépot de bilan a été décidé après qu'une partie des créanciers de Chrysler eut refusé mercredi l'offre du Trésor américain de revoir à la baisse leur créance, de presque 7 milliards que leur doit le constructeur à 2,25 milliards. Cette procédure, "rapide et contrôlée" a assuré Barak Obama, durera entre 30 et 60 jours. Elle s'avère nécessaire pour consolider l'impact des concessions acceptées par les créanciers et mettre en place l'alliance projetée avec Fiat, explique la Maison Blanche. Le troisième constructeur américain a d'ailleurs trouvé un accord de partenariat avec son homologue italien Fiat. Ce dernier prendra ainsi une participation de 20% dans Chrysler et pourrait monter à 35% du capital. Fiat disposera ensuite d'une option pour acquérir 16% supplémentaires de Chrysler entre janvier 2013 et juin 2016. Mais il ne pourra dépasser les 49% du capital, qu'une fois que Chrysler aura remboursé en totalité les prêts garantis par le Trésor américain. Les gouvernements américain et canadien ont par ailleurs annoncé qu'ils allaient verser 10,5 milliards de dollars américains pour soutenir la restructuration sous supervision judiciaire. Les Etats-Unis vont ainsi allouer 8,08 milliards de dollars à Chrysler et le gouvernement canadien et celui de la province de l'Ontario 2,42 milliards de dollars. En échange de cette aide, l'Etat américain détiendra 8% du capital de Chrysler et son homologue canadien recevra 2% des parts. Ets ils nommeront respectivement quatre et un administrateurs indépendants du constructeur. Le PDG actuel du groupe de Detroit, Robert Nardelli, ne restera à son poste que le temps de gérer la sortie de la procédure de faillite. Il devrait ensuite être remplacé par un dirigeant issu de Fiat. Dès lundi, la plupart des usines du constructeur seront mises à l'arrêt, le temps de la restructuration.

L'épidémie de grippe porcine s'étend, la pandémie est immédiate

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a décidé mercredi soir de relever à 5 son niveau d'alerte, qui indique que la pandémie est désormais "imminente", a annoncé jeudi sa directrice générale, Margaret Chan. Relevant que "le virus s'étend (...) sans aucun signe de ralentissement", l'organisation avait décidé de convoquer mercredi soir son Comité d'urgence regroupant une quinzaine d'experts internationaux afin d'étudier la possibilité de relever le niveau d'alerte, fixé à 4 depuis lundi. Cette échelle d'alerte compte un 6e niveau, qui indique qu'une "pandémie mondiale est en cours" (voir le site Internet de l'OMS). L'OMS conseille désormais aux pays d'encourager la réduction des voyages ainsi que les rassemblements liés aux transports publics, mais elle ne recommande pas de restrictions officielles de déplacement vers les pays touchés. Les pays affectés sont en outre invités à distribuer des antiviraux et à lancer la préparation de la vaccination.

Mercredi, les Etats-Unis ont annoncé le premier décès dans le pays dû à la grippe porcine. Il s'agit d'un enfant (mexicain) de 23 mois, au Texas, qui s'était rendu au Mexique, selon les Centres de maladie et de prévention américains (CDC). Après cette annonce, le président Barack Obama a estimé depuis la Maison Blanche qu'il s'agissait "de toute évidence d'une situation préoccupante, suffisamment grave pour prendre les plus grandes précautions". Les Etats-Unis comptent le plus grand nombre de cas avérés de la maladie (91). Au Mexique, foyer de l'épidémie, le bilan de la grippe porcine est passé de sept à huit morts, et une centaine de personnes ont été infectées de manière certaine par le virus. Mais plus de 1.600 personnes malades pourraient avoir été contaminées. En France, les deux premiers cas ont été confirmés ce vendredi.

BNP Paribas obtient le feu vert définitif au rachat de Fortis

Plus rien - en principe - ne peut empêcher le rachat de Fortis par BNP Paribas. Les actionnaires de Fortis Holding réunis aux Pays-Bas ont donné ce mercredi leur aval définitif au rachat de l'ex-filiale bancaire belge Fortis Banque par le groupe français BNP Paribas en l'approuvant à 77,65%, après un premier "oui" voté la veille en Belgique. Ce feu vert au rachat de 75% de Fortis Banque Belgique, qui inclut 25% des activités d'assurances belges de la holding, conclut près de sept mois de bras de fer entre la holding et ses actionnaires, qui avaient rejeté en février un accord précédent avec BNP Paribas et multiplié les recours en justice. Certains actionnaires en colère ont néanmoins promis mercredi à Utrecht qu'ils contesteraient la vente en saisissant les tribunaux. Mardi, les actionnaires réunis à Gand (nord de la Belgique) avaient déjà voté à 73% en faveur du rachat, à l'issue d'une assemblée générale houleuse qui a vu une partie des actionnaires se rebeller avant de claquer la porte. Environ 300 actionnaires étaient physiquement présents à l'assemblée ce mercredi à Utrecht, mais 26,36% du capital, soit 636 millions d'actions dans la holding, était représenté. Une grande partie a voté par procuration. Ils étaient 3.300 à s'être rendus la veille à l'assemblée des actionnaires à Gand.

L'Allemagne table sur une récession de 6% en 2009

Les prévisions les plus pessimistes sont battues : le gouvernement allemand table désormais sur une récession de 6% cette année au lieu de -2,25% attendus jusqu'ici, mais estime que le Produit intérieur brut (PIB) progressera de 0,5% en 2010, selon le ministère de l'Economie qui vient de publier un communiqué. Les ministres des Finances Peer Steinbrück et de l'Economie Karl-Theodor zu Guttenberg avaient déjà averti que la prévision pour 2009 serait revue en forte baisse. Quant aux instituts économiques, ils avaient également largement révisé à la baisse leur estimation. Mais dans le pire des cas, ils prévoyaient un recul de 5%. Berlin explique ce décrochage par "la forte chute de l'économie mondiale et le recul massif, qui y est lié, de nos exportations". Après un début d'année catastrophique, l'activité économique devrait toutefois se stabiliser "à un niveau faible" par la suite, estime le ministère.Le gouvernement table donc sur une légère croissance du PIB pour 2010, de +0,5%. Le chômage devrait progresser cette année à un niveau moyen d'environ 3,7 millions de sans-emploi puis grimper à 4,6 millions en 2010, selon le ministère.

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