Juncker annonce un futur mécanisme permanent de crise pour la zone euro

Les ministres des Finances de la zone euro sont tombés d'accord ce vendredi pour mettre en place prochainement un mécanisme de gestion des crises, afin de tirer les leçons de la situation grecque, a annoncé le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.
(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)

"Nous sommes tombés d'accord sur la nécessité qu'il y a de mettre en place - et on y travaillera - un mécanisme permanent de crise, parce que nous avons détecté des failles dans notre système de surveillance et dans notre arsenal de réaction", a déclaré ce vendredi le Premier ministre luxembourgeois et président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, à l'occasion d'une réunion informelle des ministres des Finances de la zone euro. 

"Je crois qu'il serait souhaitable qu'il y ait des règles plus strictes pour encadrer la dette publique", a-t-il ensuite ajouté lors d'une conférence de presse. De son côté, le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn a indiqué que le pacte de stabilité et de croissance européen devait être "renforcé" et qu'il ferait prochainement des propositions législatives en ce sens en mai. "Il y a un besoin croissant de coordination économique dans l'Union européenne [...] Nous avons un droit d'initiative en la matière et nous l'utiliserons", a-t-il insisté.

Lors de cette conférence de presse, le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, a apporté son soutien à cette démarche et a indiqué que la BCE comptait participer "activement" aux travaux sur les nouvelles règles budgétaires européennes.

Nouvelle émission de bons du Trésor pour la Grèce

La Grèce a par ailleurs annoncé vendredi son intention de lever 1,5 milliard d'euros en bons du Trésor. "Le 20 avril, la République grecque émettra des bons du Trésor sur 13 semaines [...] avec une maturité allant au 23 juillet 2010", a annoncé l'organisme grec chargé de la gestion de la dette. "Le montant à adjuger est de 1,5 milliard d'euros", a-t-il ajouté.

Mardi, une précédente émission de bons sur six mois et un an avait déjà permis à la Grèce de lever 1,560 milliard d'euros pour une somme de 1,2 milliard visée au départ, à des taux de 4,55% sur 26 semaines et de 4,85% sur 52 semaines. Athènes doit trouver environ 11,5 milliards d'euros d'ici fin mai, sur un total de 54 milliards d'euros nécessaires cette année pour couvrir sa dette et ses besoins budgétaires.

Pas "d'activation" du plan d'aide européen

Les trois responsables de la zone euro ont par ailleurs confirmé que le gouvernement grec n'avait pas demandé l'activation du mécanisme d'aide entériné dimanche dernier par les 16 pays de la zone euro. Olli Rehn et Jean-Claude Trichet ont aussi indiqué que des membres de la Commission européenne et de la BCE seraient à Athènes lundi aux côtés de responsables du Fonds monétaire international (FMI) pour répondre aux demandes de la Grèce d'entamer des discussions à ce sujet. Les travaux préparatoires à l'activation du mécanisme se poursuivent à un rythme "satisfaisant" dans les Etats membres, a précisé Jean-Claude Juncker.

Concernant le Portugal, autre pays sur lequel portent les inquiétudes des autorités européennes, Jean-Claude Juncker a déclaré qu'il était sur la "bonne voie". Le Portugal a mis sur pied un programme d'économies pour ramener son déficit public de 9,4% du PIB en 2009 à 8,3% en 2010 et sous la limite des 3% fixée par le pacte de stabilité européen en 2013. Le gouvernement socialiste s'est déclaré prêt à prendre "si nécessaire" de nouvelles mesures, alors que la Commission européenne l'encourage à être plus incisif dès 2010.

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