Les Britanniques face à la pire chute de leur pouvoir d'achat en trente-cinq ans

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L'impact du plan d'austérité se fait d'abord sentir sur les plus pauvres. Et les salaires ne suivent pas la hausse des prix.

Les signes du ralentissement économique se multiplient au Royaume-Uni. Le PIB du deuxième trimestre a été revu à la baisse, à seulement 0,1 % ; en août, la production manufacturière a baissé pour le troisième mois d'affilée ; les ventes au détail ont reculé de 0,2 % le même mois... Tout ceci pourrait cependant n'être qu'un début, à en croire la dernière étude de l'Institute of Fiscal Studies (IFS), un centre de recherche économique très respecté outre-Manche.

Selon le rapport, les ménages font face à la pire chute de leur pouvoir d'achat depuis trente-cinq ans. Celui-ci devrait être en 2012-2013 inférieur de 7 % à ce qu'il était en 2009-2010, en termes réels. Et il ne reviendra pas à un niveau supérieur avant 2015-2016. « Cet effondrement sans précédent du niveau de vie est notamment dû à l'inflation élevée et à la faible croissance des salaires », explique l'étude.

L'inflation au Royaume-Uni atteint actuellement 4,5 % ; dans le même temps, la hausse des salaires ne dépasse pas 1,7 %. La poussée des prix vient d'abord de la flambée des matières premières, principalement l'essence à la pompe, tandis que le chômage relativement élevé (8 %) bloque la hausse des salaires.

mesure montrée du doigt

Le recul du pouvoir d'achat est partiellement un « rattrapage » de la crise débutée en 2008. « Cela peut être considéré comme un effet à retardement de la récession », explique Robert Joyce, économiste à l'IFS. « Les revenus réels n'ont longtemps pas baissé alors que l'économie se contractait, parce que l'inflation était alors très faible. Mais l'inflation a maintenant fortement augmenté et les revenus ne suivent pas. » Les difficultés financières des ménages risquent de faire fortement augmenter le taux de pauvreté au Royaume-Uni, selon l'étude de l'IFS. Celle-ci souligne que le plan d'austérité du gouvernement a un impact proportionnellement plus fort sur les plus pauvres. Une mesure d'apparence technique est particulièrement montrée du doigt : la plupart des allocations sociales sont désormais indexées sur l'Indice des prix à la consommation (CPI) au lieu de l'Indice des prix au détail (RPI) : le premier est inférieur d'un point au second.

Au total, d'après les calculs de l'IFS, en 2011, la baisse du pouvoir d'achat et le plan d'austérité vont faire passer 300.000 personnes mineures supplémentaires sous le seuil de pauvreté (défini comme en dessous de 60 % du salaire médian, soit 1.700 euros par mois pour un couple avec deux enfants). Cela porte le total de mineurs pauvres à 2,8 millions et cela met fin à la baisse de la pauvreté des jeunes qui était en cours depuis quinze ans.

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