Pourquoi l'on éprouve beaucoup plus de stress à la maison qu'au travail

Par Giulietta Gamberini  |   |  555  mots
Répondant à un questionnaire préparé par les chercheurs américains, les femmes, contrairement aux hommes, ont déclaré en majorité se sentir plus heureuses au bureau qu'à la maison. (Photo: Reuters) (Crédits : AFP)
Alors que les gens disent ressentir plus de stress pendant les jours travaillés que lors de ceux chômés, leurs niveaux d'hormones prouvent le contraire, révèle une étude scientifique américaine.

Home, sweet home? Pas vraiment, à en croire les résultats d'une étude américaine publiée au mois de mai par l'Université de Pennsylvanie dans la revue Social Science & Medecine et dont le titre est éloquent: Le travail aurait-il remplacé la maison en tant que paradis?

 

Le corps, plus "sincère" que le ressenti?

 

Pour réaliser leur enquête, les auteurs de la recherche ont suivi le quotidien de 122 hommes et femmes travaillant cinq jours par semaine dans des créneaux horaires compris entre 6 heures du matin et 7 heures du soir. Leur stress pendant les jours au travail et le week-end à la maison a été évalué de deux manières, l'une subjective et l'autre objective: en les soumettant à un questionnaire sur leur ressenti ainsi qu'en prélevant six fois par jour et à heures régulières leur taux de cortisol (une hormone libérée par les glandes surrénales en cas de stress chronique).

 

Résultat: alors que les participants ont déclaré en majorité éprouver plus de stress pendant les jours travaillés que lors des jours chômés, leur corps a traduit l'inverse, le niveau de cortisol étant plus élevé à la maison qu'au bureau.

 

Le bonheur des femmes: le bureau

 

Seules "deux variables ont modéré cette association" entre maison et stress, souligne l'étude: les revenus et la présence d'enfants. Ainsi, "l'effet paradis du travail était plus marqué pour les personnes aux revenus les plus bas et sans enfants à la maison".

 

Contrairement aux hommes, les femmes ont par ailleurs déclaré en majorité se sentir plus heureuses au bureau qu'au sein du foyer, bien que les niveaux de cortisol n'aient pas montré de différence entre les deux sexes.

 

Socialisation, concentration et satisfaction: le trois bonus du travail

 

Alors, comment expliquer ces résultats qui semblent aller à l'encontre de tous les stéréotypes? Se fondant sur l'analyse des réponses au questionnaire, les chercheurs mettent en avant trois facteurs susceptibles de favoriser le bonheur éprouvé au travail par les participants: la socialisation, la concentration sur l'exécution des tâches et le sentiment de satisfaction du travail accompli. "Le travail rémunéré est également plus valorisé dans la société que le travail domestique", ajoute Sarah Damaske, sociologue et principal auteur de l'étude, citée par le site du magazine Science et Avenir.

 

Quant à l'effet encore plus bénéfique exercé par le travail sur les personnes sans enfant, les chercheurs avancent deux hypothèses: les enfants pourraient aider à soulager le stress à la maison mais, quand les parents sont au travail, ils pourraient également représenter une source de stress supplémentaire. En effet, sans doute, "combiner travail et vie domestique augmente la perception subjective de stress", souligne l'étude.

 

Une meilleure santé physique pour les mère travailleuses

 

Toutefois, bien que le commun des mortels puisse être étonné par les résultats de la recherche, les scientifiques, eux, le sont moins. Citée par Science et Avenir, Sarah Damaske explique ainsi:

 

"Nous savions déjà que les travailleurs bénéficient d'une meilleure santé physique et mentale, en particulier les mères de 45 ans ayant travaillé à plein temps entre 20 et 40 ans, en comparaison des autres - travailleuses à mi-temps, chômeuses ou femmes au foyer".

 

Ne dit-on pas que le travail c'est la santé ?