Au gouvernement, on en est convaincu : la pression sur le gouvernement par les agriculteurs et leurs syndicats, massivement en colère depuis janvier, ne retombera pas jusqu'aux élections des membres des Chambres d'agriculture, qui doivent avoir lieu... en 2025. Certes, la crise que le monde agricole traverse va bien au-delà de la France, comme l'ont démontré les manifestations dans plusieurs pays, et est profondément liée à des défis structurels comme l'impact sur l'agriculture du changement climatique, de la guerre en Ukraine et de l'inflation. Certes, la détresse et le nombre de revendications des agriculteurs sont anciennes, soulignent leurs syndicats.
Pour autant, l'enjeu de pouvoir de ces élections organisées tous les six ans, et la surenchère syndicale, qui l'accompagne est très sensible. Représentant les agriculteurs au niveau départemental, interdépartemental, régional et national, les Chambres d'agriculture exercent depuis l'après-guerre une mission de service public : contribuer au développement agricole, via l'amélioration des performances techniques et des conditions de vie des exploitants, rappelle François Purseigle, professeur de sociologie à l'Institut national polytechnique de Toulouse, et spécialiste du syndicalisme agricole français.