Agriculture : quand l'eau est aussi utilisée contre le gel
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La méthode, plutôt contre-intuitive, est pourtant éprouvée : pour lutter contre le risque de « gelées blanches » qui - en raison des températures négatives, de la forte humidité et de l'absence de vent - menacent depuis quelques jours leurs récoltes, certains agriculteurs font recours à l'aspersion d'eau. « Si à partir du moment où la température atteint 0°C, et jusqu'à ce qu'elle revienne à 2-3°C, la plante est continuellement arrosée, les bourgeons sont pris dans une poche de glace qui joue le rôle protecteur d'un igloo. L'eau qu'ils contiennent ne gèle donc pas », explique Françoise Roch, arboricultrice dans le Tarn-et-Garonne et présidente de la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF).
Selon la productrice de pommes, de prunes et de raisins de table, cette méthode est d'ailleurs celle qui présente le meilleur rapport coûts/efficacité par rapport aux alternatives existantes. Pour le prix de quelque 50.000 euros, auxquels s'ajoute la consommation énergétique d'un tracteur, une pompe permettant l'aspersion de 2-3 hectares est susceptible de les protéger du gel lorsque le thermomètre descend jusqu'à -8°C, observe-t-elle.
Or, le recours à des bougies, d'une durée de vie de huit heures, peut coûter jusqu'à 8.000 euros par hectare, mais ne sera pas efficace en dessous de 2-3°C - sauf si on augmente le nombre de bougies, et donc les frais. Quant aux éoliennes à moteur, qui envoient l'air en hauteur, plus chaud, vers le sol, elles coûtent quelque 40.000 euros pour quatre hectares, mais elles ne permettent pas non plus de gagner plus que 2 à 3 degrés, selon Françoise Roch.
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La diffusion de l'aspersion se heurte toutefois à des difficultés d'investissement ainsi que d'accès à l'eau, déplore la présidente de la FNPF. Même dans des cultures déjà irriguées comme celles arboricoles, elle implique en effet l'achat de nouvelles pompes plus puissantes et donc plus chères.