Comment permettre au Fonds monétaire international de mieux prévenir les prochaines crises ? (3/6)

 |   |  755  mots
Les principaux dirigeants de la planète se réunissent à Londres le 2 avril. Pendant une semaine, « La Tribune » revient sur les enjeux de ce sommet.

C'est le grand retour du FMI. Son directeur général, Dominique Strauss-Kahn, comptera parmi les personnalités les plus écoutées au sommet de Londres. Le gendarme financier, dont les moyens ont été doublés, pourrait être appelé à renforcer et élargir son rôle de surveillance sur la planète finance. Quel renversement ! Lorsqu'en novembre 2007 Dominique Strauss-Kahn arrive à Washington DC pour prendre ses fonctions, l'institution financière traverse une grave crise d'identité. Faute de nouveaux clients à secourir, les ressources de l'organisation ? qui vit des intérêts qu'elle perçoit sur les prêts qu'elle accorde ? se tarissent dangereusement. Mais tout comme le Phénix renaît de ses cendres, l'incendie financier allumé par la crise des subprimes a redonné touteson importance à l'institution de Bretton Woods, appelée à jouer un rôle central dans la future architecture financière internationale que le G20 appelle de ses voeux.

A quoi sert le FMi ?

Le FMI est né en 1944 sur les ruines de la grande dépression ayant débouché sur le conflit le plus meurtrier de tous les temps. Objectif poursuivi : mettre en place un système monétaire stable ? basé sur l'or et le dollar ? afin d'éviter que les grands pays ne recourent à l'arme de la dévaluation compétitive pour équilibrer leurs comptes extérieurs. Le système explose en 1971 avec la fin de la convertibilité du dollar en or et le libre flottement des monnaies. Le FMI fonctionne comme une gigantesque tontine à laquelle cotise chaque pays membre en fonction de son poids économique. Aujourd'hui, 185 pays membres le composent contre 44 à sa création. Lorsqu'un pays rencontre des difficultés pour financer son déficit extérieur ? au point que sa monnaie est attaquée ? le Fonds lui accorde un prêt. Mais cette ligne de crédit reste conditionnée à la mise en place de politiques d'austérité qui visent à refroidir la demande intérieure pour rééquilibrer les comptes extérieurs. C'est ce qui explique ? pour partie ? le manque de popularité du FMI dans le monde.

A-t-il vu venir la crise ?

Dominique Strauss-Kahn rappelle parfois que les économistes du Fonds avaient consacré quelques pages au problème des subprimes dans un rapport début 2007 tout en reconnaissant l'insuffisance de la démarche. Mais il en a très rapidement mesuré la gravité. Lorsqu'en avril 2008 il chiffre à près de 9,45 milliards de dollars (7,1 milliards d'euros)les pertes liées à la crise pour les banques, les ministres des Finances du G7 réunis à Washington taxent le FMI de pessimisme excessif. Le Fonds était en dessous de la réalité. L'organisation estime aujourd'hui que les pertes pourraient atteindre 2.200 milliards de dollars.

Comment a-t-il réagi ?

Le FMI multiplie les prêts depuis le début de la crise. Le dernier en date ? 3 milliards d'euros ? a été accordé à la Serbie. Le Fonds vient également de participer à un plan de sauvetage de 20 milliards d'euros en faveur de la Roumanie, tout en prenant 12,9 milliards à sa charge. Nombreux sont les pays confrontés à des problèmes de financement de leur balance des paiements en raison d'un retrait important de capitaux : Islande, Hongrie, Biélorussie, Ukraine, Pakistan, Lituanie... La Turquie discute avec le Fonds d'un prêt qui pourrait atteindre 25 milliards de dollars (18,7 milliards d'euros) mais rien ne sera annoncé avant les élections.

A-t-il les moyens de faire face à la pire crise depuis 1929 ?

Le Fonds disposait au début de la crise de 200 milliards de dollars (150 milliards d'euros) immédiatement disponibles et de 50 milliards supplémentaires qu'il peut lever à tout moment auprès de ses actionnaires. Mais l'ampleur de la crise a très vite laissé penser que cela serait insuffisant. Les pays actionnaires du Fonds ont donc décidé de doubler ses réserves pour les porter à 500 milliards. Le Japon s'est engagé à apporter 100 milliards si nécessaire. L'Union européenne est pour sa part disposée à débloquer 100 milliards supplémentaires.

Faut-il élargir ses compétences ?

C'est l'un des enjeux du sommet de Londres. Les ministres des Finances du G20, réunis à la mi-mars à Rome, ont souhaité que le Fonds élargisse son champ de surveillance aux questions financières. Le FMI et le Forum de stabilité financière ont notamment été invités à mettre au point des systèmes d'alerte rapide pour donner l'alarme lorsque les risques systémiques atteignent un niveau élevé. Les pays émergents ont, eux, souhaité être mieux représentés au sein de l'institution qui a peu pris en compte la montée en puissance de la Chine, du Brésil ou de l'Inde.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Le FMI vend une partie de son OR pour financer la plan de relance : Dans ce cas précis, c'est l'argent des acquéreur de l'OR du FMI qui finance la relance.

Dans l'hypothèse ou le cours de l'OR se maintient, pas de soucis, dans l'hypothèse inverse, ou le cours de l'OR devait se réduire, les détenteur d'OR paieront fort la relance. (Les détenteurs d'OR sont principalement les États et grandes banques centrales)

PLus de commentaires sur http://leblogpatrimoine.blogspot.com/

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :