La situation en RDC fait craindre le pire. Alors que Kinshasa avait gardé un calme, qui s'est avéré fragile, hier, des tirs ont éclaté et des manifestants ont déferlé dans les rues à travers la capitale congolaise. Sur les réseaux sociaux, des militants de l'opposition accusent le régime d'opprimer la population, sortie dénoncer ce qu'ils qualifient de « coup d'Etat institutionnel ». Des affrontements entre les militaires et la population auraient éclaté à l'aéroport de Lungandu dans la province du Kasaï-Central ainsi que dans plusieurs autres quartiers de la capitale. Toujours selon ces militants, ces affrontements auraient fait plusieurs victimes, sans que leur nombre ne soit dévoilé.
Ces événements interviennent comme une réponse à la dernière tentative de Joseph Kabila pour s'accrocher au pouvoir, nommant un nouveau gouvernement cinq minutes avant l'expiration de sa limite de deux mandats. En effet, à 11 h 55, heure locale, la télévision d'Etat congolaise a annoncé que le président avait formé un cabinet élargi de 65 membres (la liste complète en bas de l'article) dirigé par Samy Badibanga, premier ministre appartenant à l'opposition. Ce dernier avait été destitué de sa fonction de président au sein du groupe parlementaire de l'UDPS et ses alliés, le 10 octobre 2016, pour avoir pris part au dialogue politique convoqué par Kabila en violation de la consigne officielle de la formation politique. L'opposant, ainsi que 18 autres députés de l'opposition qui se sont vu livrer des portefeuilles ministériels, servirait ainsi à légitimer le maintien du pouvoir par le président, en faisant penser à un gouvernement de consensus. Un consensus uniquement de forme, puisque le leader de l'UPDS et de du Rassemblement de l'opposition congolaise, Etienne Tshisekedi, a publié une vidéo mardi matin pour appeler à la résistance pacifique. « En ce jour du 20 décembre 2016, monsieur Joseph Kabila a donc épuisé son second et dernier mandat à la tête de la République démocratique du Congo. Il a perdu sa légitimité et sa légalité à la tête du pays », déclare-t-il dans cette vidéo. Preuve supplémentaire de l'absence de consensus dans la formation de ce nouveau gouvernement, le fait que le dialogue national n'a pas abouti, malgré sa prolongation. Les évêques de l'église catholique de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) qui mènent ces pourparlers, avaient annoncé dimanche, la reprise des travaux pour ce mercredi 21 décembre 2016.
Du côté de la communauté internationale, la Mission de l'ONU au Congo (Monusco) a appelé tous les acteurs politiques à garder le calme en leur rappelant qu'ils « ont la responsabilité historique de parvenir à un consensus négocié sur la tenue des élections et sur la période transitoire devant y mener ». Pour sa part, l'ex-puissance colonisatrice belge, à travers son ministre des Affaires étrangères Didier Reynders, regrette que des élections n'aient pas été organisées avant la fin du mandat du président Kabila en République Démocratique du Congo. La Belgique appelle ainsi à rétablir sans délai la liberté d'expression, de communication, d'association et de manifestation pacifique ainsi que l'indépendance de la justice. Elle lance également un appel à tous les acteurs pour la préservation du caractère pacifique de toute action. La France quant à elle appelle au respect des droits de l'Homme. Dans un communiqué du Quai d'Orsay, l'hexagone appelle toutes les parties à rejeter la violence et à chercher une solution pacifique à la crise qui prévaut dans le pays.
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