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RDC: « Si Kabila ne quitte pas le pouvoir le 19 décembre prochain... », prévient Carbone Beni

Photo de Ibrahima Bayo Jr.

Ibrahima Bayo Jr.

Publié le 23 novembre 2016 à 13:27 - Mis à jour le 23 novembre 2016 à 13:52

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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Face à la volonté de Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir jusqu'en 2018, les mouvements citoyens en RDC ont initié une campagne destinée à l'obliger à quitter le pouvoir au plus tard, le 19 décembre prochain. Arriveront-ils à faire plier l'héritier du Mzee? Carbone Beni, un responsable du collectif Filimbi qui a participé au lancement de la campagne ce mardi 22 novembre, répond aux questions de La Tribune Afrique.

C'est peut-être la dernière carte de la jeunesse congolaise pour tenter de chasser Joseph Kabila Kabange du pouvoir. A 45 ans, le président congolais a pris, en 2001, la succession de son père Laurent Désiré Kabila et règne sur le Palais de la Nation à Kinshasa depuis bientôt 16 ans. Son second mandat marqué par une forte contestation populaire, devait normalement arriver à terme le 19 décembre 2016. Mais « l'héritier du Mzee » semble vouloir se maintenir au pouvoir en faisant signer à la hâte et par une partie de l'opposition, son maintien au pouvoir jusqu'en avril 2018, soit deux ans de plus que son mandat constitutionnel légal.

Mais une partie de l'opposition menée par Etienne Tshisekedi ne l'entend pas de cette oreille et mène depuis la fronde contre le pouvoir central qui a mis à l'échec toutes ses tentatives de tenir des meetings de protestation. Aujourd'hui, à l'initiative de mouvements de la société civile comme le collectif Filimbi ou encore le mouvement Lucha, la jeunesse congolaise s'est dressée sur ses ergots et compte bien faire partir Joseph Kabila au terme de ce qu'elle considère comme son second et « dernier » mandat. Une campagne « bye bye Kabila », « au revoir Kabila » initiée par ces mouvements sert de support au projet d'en découdre avec la volonté de prolongation du mandat présidentiel au-delà de la limite constitutionnelle.

Des jeunes du collectif Filimbi faisant le signe "bye bye" dans le cadre du mouvement citoyen pour le départ de Kabila (DR)

Pour La Tribune Afrique, Carbone Beni wa Beya, un des initiateurs de cette campagne citoyenne, analyse les actions et la portée de ce mouvement. A huis-clos se jouent peut-être l'émergence d'une nouvelle conscience politique congolaise ou l'écriture d'une nouvelle page du roman politique congolais.

-LTA : en quoi consiste le mouvement « bye bye » que vous venez de lancer en partenariat avec d'autres mouvements citoyens ?

Carbone Beni wa Beya: La campagne « bye bye Kabila » consiste à sensibiliser et éveiller la population sur le second et dernier mandat du président Joseph Kabila. Elle prend son origine dans le constat du fait que le pouvoir en place ainsi qu'une frange de l'opposition, de la société civile ont signé un accord qui tient absolument à violer la constitution congolaise tout en permettant au président de rester au pouvoir jusqu'en 2018. Et comme nous l'avions dit, il faut sensibiliser la population et le président lui-même pour qu'il quitte le pouvoir au plus tard le 19 décembre prochain [date de la fin de son mandat légal, ndlr] en lui disant dès aujourd'hui « bye bye » au passage de son cortège et partout où nous le croiserons.

- Concrètement, comment votre mouvement compte déployer sur le terrain cette campagne d'au revoir au président ?

La campagne se présente sur plusieurs volets comprenant l'activisme sur les réseaux sociaux mais aussi dans les quartiers à travers la distribution de tracts par nos équipes de sensibilisateurs mais aussi la livraison de messages sur les plateaux de radios et de télévisions. La sensibilisation occupera une grande place dans notre campagne avec l'organisation sur le terrain avec des marches pacifiques, des actions de sensibilisation au niveau des points chauds de la capitale et des grandes villes de la République démocratique du Congo. Et avant la fin de cette semaine, nous prévoyons même une grande marche pacifique dans la province de Kinshasa destinée à la sensibilisation de la population.

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- Dans son discours sur l'état de la nation, le président a pointé une instrumentalisation de la jeunesse par des « officines étrangères » ou par des politiciens. Votre mouvement comme d'autres comme Lucha ou « Compte à rebours » étaient-ils visés ?

Notre mouvement, le réseau Filimbi, est un mouvement citoyen, pacifique, non partisan et non violent. Nous sommes un mouvement autonome au niveau de notre fonctionnement qui regroupe de jeunes Congolais issus de milieux divers : des artistes, des cadres, des chômeurs, des étudiants ... Ces jeunes sont conscients et consciencieux des enjeux et veulent réellement changer la donne et la manière de faire les choses dans notre pays. Ils se voient comme une jeunesse qui doit s'impliquer et influencer les prises de décisions de ce pays car c'est la jeunesse qui pâtit la première des mauvaises décisions.

Le mouvement Filimbi n'est ni téléguidé par certaines personnes, ni commandé par d'autres. Nous tendons à travailler en partenariat avec toutes les institutions nationales et internationales. Et si aujourd'hui, il s'avère que nous militons pour une cause noble qui est le respect de la constitution, il se pourrait que certains partis politiques de l'opposition qui voient du même angle puissent se mettre avec nous. C'est une démarche que nous faisons en tout moment mais cela ne veut pas dire que nous sommes soutenus ou financés. Il n'y a aucun parti ou aucune organisation internationale qui nous finance. Mais nous travaillons en partenariat avec tout le monde dans nos activités de sensibilisation avec des entités ayant les mêmes objectifs que nous.

Quant aux propos du chef de l'Etat présentant cette jeunesse comme étant à la solde de certains individus, c'est nier à la jeunesse congolaise la conscience de ce qui se passe aujourd'hui dans leur pays. Et au-delà de tout, il faut prendre en compte qu'une nouvelle génération de citoyens qui est train d'émerger aujourd'hui. Une génération de jeunes qui est consciente et soucieuse de ce que doit être le Congo de demain.

- Si à la date du 19 décembre 2016, Joseph Kabila n'accepte pas de quitter le pouvoir de lui-même, quelles actions envisagerez-vous de faire ?

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Ce scénario est déjà prévu par l'article 64 de la constitution congolaise qui stipule clairement que « tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d'individus qui prend le pouvoir par la force et l'exerce en violation des dispositions de la nouvelle constitution ». Cela veut dire qu'au cas où il se maintient au pouvoir par la force, nous allons user de cet article 64 au travers d'actions et d'activités sur le terrain non violentes qui vont se traduire par des marches, des sit-in jusqu'à ce que M. Kabila respecte la constitution de son pays.

Ibrahima Bayo Jr.

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