RDC : la marche des chrétiens catholiques à Kinshasa réprimée par la police

La Tribune Afrique

Joseph Kabila
Reuters

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La police a de nouveau réprimé ce dimanche 25 février 2018 une marche de l'opposition programmée par le Comité laïc de coordination (CLC, un collectif proche de l'Église catholique). Les organisateurs prévoyaient au cours de cette manifestation, demander au président Kabila de déclarer publiquement qu'il va ''bien quitter le pouvoir''.
Comme lors de leurs précédentes marches, la police ne leur a pas déroulé le tapis rouge. Dès leurs sorties de messe, les fidèles ont été dispersés par les forces de l'ordre dans la capitale Kinshasa et dans plusieurs autres grandes villes du pays. Plusieurs sources dénoncent déjà des tirs de gaz lacrymogènes et des tirs à balles réelles ayant fait selon les hôpitaux, un mort et deux blessés.
« La situation a vraiment dégénéré. On est en face d'une barbarie qui n'a pas son nom. Des forces de l'ordre sont venues et ont commencé à tirer et, comme la fois dernière à balles réelles. Nous attendions les amis de la paroisse Saint-Augustin et de Saint-Laurent. Dès leur arrivée, la police a commencé à tirer des gaz lacrymogènes, cherchant à disperser les gens. Les gens ont commencé à résister et je pense que c'est à ce moment-là qu'ils ont commencé à tirer à balles réelles parce qu'il y a des blessés », a confié le père Tabu, curé de la paroisse Saint-Benoît à Lemba au micro de RFI. Il ajoutera qu'à l'instant où il parlait, les manifestants et les paroissiens sont enfermés dans l'enceinte de la paroisse, barricadée par les forces de l'ordre. Un autre fidèle témoin oculaire apeuré, parle d'une répression ''terrible''.
La Monusco n'est arrivée ensuite que trop tard alors que le raid policier était déjà terminé. Ces nouvelles victimes viennent s'ajouter à la quinzaine de morts dénoncée par l'Eglise catholique lors les dernières marches. Mais désormais avec le soutien de l'Episcopat congolais qui a appelé les fidèles ''à demeurer debout et vigilants'', le CLC a carte blanche. Une situation de tension entre l'Eglise catholique et le pouvoir Kabila qui s'est empirée depuis la répression du 31 décembre 2017 de la marche des fidèles suite au premier appel du CLC.
Peu importe la version des témoins oculaires, de l'église ou des hôpitaux, les autorités congolaises ne reconnaissent aucun mort. Selon le porte-parole de la police, il n'y a eu qu'un blessé grave qui a été atteint par une balle en caoutchouc. Une contestation qui n'étonne vraiment personne. Mais il faudra peut-être attendre la dernière heure du jour pour faire un bilan définitif des répressions de ces manifestations ''pacifiques''.
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Notons que sans surprise, ces marches avaient été ''refusées'' par les autorités de Kinshasa. Pire, elles ont même refusé de recevoir les dossiers établissant les itinéraires. « Le gouverneur a refusé de réceptionner les documents qui établissent les itinéraires ainsi que les points de ralliement établis par le CLC. C'est une attitude incompréhensible qui traduit tout simplement la volonté d'empêcher les gens de s'exprimer pacifiquement », explique Maître Georges Kapiamba de l'Association pour l'accès à la justice (ACAJ), qui représentait le CLC.
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