Tanzanie : le projet du barrage hydroélectrique de Stiegler coûterait le double du coût annoncé
Maimouna Dia

barrage tanzanie
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Le barrage hydroélectrique de Gorge Stiegler coûtera à la Tanzanie entre 7,58 et 9,85 milliards de dollars à la place des 3 milliards de dollars initialement prévus. C'est la conclusion d'une étude indépendante menée par Joerg Hartmann, expert indépendant sur la durabilité des projets hydroélectriques et publiée par OECD Watch. Le réseau mondial d'organisations de sociétés civiles compte plus de 130 membres dans près de 50 pays. L'ouvrage devrait être construit sur un site classé patrimoine mondial de l'UNESCO.
Il y a deux mois, la Tanzanie concluait un accord avec deux sociétés égyptiennes, El Sewedy Electric Co et Arab Contractors, pour la construction de la centrale hydroélectrique d'une valeur estimée à 3 milliards de dollars. Des coûts contestés par l'étude. La révision à la hausse des coûts par l'étude a été justifiée en partie par le fait que les projets similaires, exécutés sur la période de 2010 à 2017, ont connu une hausse moyenne de 31 % de leurs coûts, selon les données de l'Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA).
Ce devis contradictoire a été publié le jour même où la Tanzanie cédait le chantier de construction dans le sud du pays à El Sewedy et Arab Contractors. Cette dernière rejette en bloc les conclusions de l'étude. Arab Contractors met en avant les différents tarifs de ses concurrents de diverses nationalités, dont l'offre la plus chère a été de 3,2 milliards de dollars, estimant qu'il ne peut pas y avoir de connivence pour rester à ce niveau de prix.
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A terme, le barrage de Gorge Stiegler devrait générer 2 115 mégawatts, selon les estimations officielles tanzaniennes. Mais le choix du site fait polémique. La réserve de Selous Game, sur laquelle le barrage sera construit est célèbre pour ses éléphants, ses rhinocéros et ses girafes. Etendue sur superficie de 50 000 km2, elle constitue l'une des plus grandes zones protégées d'Afrique, selon l'UNESCO.
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