Pétrole : 16 milliards de dollars perdus par le Nigeria au profit des compagnies
Maimouna Dia
Maimouna Dia
16 milliards de dollars, c'est le montant des pertes enregistrées par la fédération du Nigéria à la faveur des compagnies pétrolières du pays sur une période de 10 ans. Des pertes pouvant même atteindre 28 milliards de dollars, si l'on inclut des recettes du partage des bénéfices en provenance de deux licences supplémentaires non comptabilisées. C'est la conclusion du nouveau rapport de l'Initiative pour la transparence des industries extractives du Nigéria (NEITI).
Le rapport intitulé.« Le coût raide de l'inaction », a été présenté par le ministre du pétrole nigérian, Ibe Kachikwu, le dimanche 3 mars à Abuja. L'étude, qui couvre la production et les transactions sur une décennie du pays ouest-africain, indique que les pertes sont dues à la non-révision des contrats de partage de production de 1993 avec les sociétés pétrolières. Elle a été menée conjointement avec Open Oil, un organisme pour la transparence dans le secteur extractif basé à Berlin.
A lumière de ces révélations, la NEITI a appelé à un examen urgent des guichets uniques afin de limiter les énormes pertes de revenus subies par le pays. Une révision qui s'impose d'autant plus qu'au Nigéria, les compagnies incriminées font partie des entreprises du secteur privé (PSC). La part de ces dernières dans la production de pétrole dépasse celle des entreprises où l'Etat est partenaire et elle constitue la plus grande source de revenus du Nigeria.
Par contre, la production totale des entreprises en joint-venture a été évaluée à 212,850 millions de barils, soit 30,84% de la production totale sur la même période.
Selon, la NEITI, en 1993 les textes régissant les activités des sociétés privées pétrolières et gazières ont été élaborés, avec des avantages pour les inciter à investir dans l'exploration et la production de gisements offshore, en tenant compte des risques associés aux bas prix du pétrole. « Ainsi, les contrats PSC étaient supposés être plus avantageux pour les entreprises ». Mais ces textes devraient être soumis à des révisions, lorsque les entreprises bénéficiaires récupéraient leurs investissements après plusieurs années d'exploitation et grâce à une hausse des prix. Des révisions qui n'ont pas été exécutées conformément à la loi, occasionnant ces pertes, selon le rapport.
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Afin de déterminer les pertes, l'analyse a été réalisée au niveau de sept champs pétroliers et gaziers régis par les textes de 1993. Lesquels sont exploités par Eni, Chevron, Total et South Atlantic Petroleum, Shell ou encore ExxonMobil, Addax.
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