Au-delà de la vente d’énergie, Alger veut faire de Berlin un tremplin industriel

Muriel EDJO, Agence Ecofin

Le Forum économique algéro allemand a scellé une trentaine d’accords couvrant énergie, industrie et transport.
Photo DR

Muriel EDJO, Agence Ecofin

Le Forum économique algéro allemand a scellé une trentaine d’accords couvrant énergie, industrie et transport.
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En marge d'une visite d'État de deux jours du président Abdelmadjid Tebboune en Allemagne, à l'invitation de son homologue Frank-Walter Steinmeier, 31 accords et mémorandums d'entente ont été signés le 17 juillet, à l'occasion du Forum économique algéro-allemand tenu à Berlin.
Les accords conclus couvrent un large éventail de secteurs jugés stratégiques par les deux nations. Hydrocarbures, hydrogène, énergies renouvelables, mines, industrie pharmaceutique, automobile, transport ferroviaire, dessalement d'eau, santé ou encore tourisme. Le groupe allemand Siemens Mobility a notamment signé cinq mémorandums avec la Société nationale des transports ferroviaires et le métro d'Alger, portant sur la modernisation du rail urbain et le transfert de technologies. D'autres accords portent sur la construction d'une usine de silicium métallique, sur des projets de dessalement d'eau par énergie solaire, ainsi que sur la mise en place d'une unité de production de médicaments vétérinaires adossée à un volet biotechnologique.
Le secteur automobile est également concerné. Un protocole d’accord a été signé entre Opel Automobile GmbH et AGM Holding Company SpA en vue de localiser la production de moteur Opel en Algérie. Le tourisme figure également au menu, avec un contrat de gestion d'un complexe à Tiaret et un mémorandum entre les chambres de commerce des deux pays destiné à faciliter les futurs partenariats.
Sur le plan énergétique, les deux parties ont réaffirmé leur engagement autour du corridor sud de l’hydrogène, intégré aux initiatives européennes « Global Gateway » et de route énergétique européenne. Alger vise une production de 1,2 million de tonnes d’hydrogène vert par an à l’horizon 2040. Les deux gouvernements ont par ailleurs convenu de réactiver leur commission économique mixte destinée à structurer leur coopération sur le long terme, ainsi que la création d’un Conseil d’affaires algéro-allemand chargé d’accompagner les entreprises des deux pays dans le développement de projets dans des domaines tels que les infrastructures, les transports, la santé, les minerais critiques et l’agriculture.
Le déplacement a aussi conduit le chef d’État algérien à s’entretenir avec le chancelier Friedrich Merz, s’inscrivant dans une dynamique bilatérale déjà amorcée début juillet, lorsque le groupe pétrolier public Sonatrach a livré sa première cargaison directe de gaz naturel liquéfié (GNL) à l’Allemagne, au terminal de Wilhelmshaven. Pour l’Algérie, cette séquence diplomatique confirme qu’elle entend diversifier les partenariats économiques hors hydrocarbures, tout en consolidant sa position de fournisseur énergétique alternatif pour l’Allemagne, dans un contexte de recomposition des chaînes d’approvisionnement européennes en gaz.
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Selon le ministre algérien du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, le volume des échanges commerciaux entre l’Algérie et l’Allemagne a atteint plus de 2,5 milliards d’euros en 2025, en hausse par rapport à 2024, où il s’est établi à 1,5 milliard d’euros. En 2025, l’Allemagne occupait la neuvième place dans le classement des partenaires, la quatrième parmi les fournisseurs et la seizième parmi les clients.
Muriel EDJO, Agence Ecofin