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Togo - La Tribune Afrique

Crise politique au Togo : les syndicats demandent un dialogue sans délai

Sylvain Vidzraku

Publié le 25 janvier 2018 à 15:59 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:24

Togo manifestations opposition

Togo manifestations opposition

Reuters

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Les centrales syndicales togolaises sont sorties cette semaine pour menacer ''d'agir autrement'' si le dialogue politique n'a pas lieu ''expressément'' pour trouver une issue favorable à la crise politique qui dure depuis plus de 5 mois. Ces organisations s'inquiètent des conséquences de la crise sur les travailleurs dont la perte d'emplois.

Au Togo, les syndicats se sont en fin de compte invités aux débats politiques. Face à la presse mardi dernier, quelques centrales syndicales dont les plus connues, la Confédération syndicale des travailleurs du Togo (CSTT), le Groupe des syndicats autonomes (GSA), la Synergie des travailleurs du Togo (STT) et l'Union nationale des syndicats indépendants du Togo (UNSIT), ont menacé ''d'agir autrement'' si le dialogue politique tant annoncé depuis quelques semaines n'a pas lieu au plus tôt.

« On ne va pas attendre jusqu'à ce que les travailleurs commencent à perdre leurs emplois avant de réagir », s'est indigné Nadou Lawson, coordinatrice générale de la STT. Selon elle, il y a nécessité « d'un ultime dialogue franc, sincère, honnête et sans question tabou ». Elle a relevé que toute la classe politique togolaise, autant du pouvoir que de l'opposition, a « l'obligation expresse de réunir toutes les conditions nécessaires à ce dialogue », a défaut duquel les centrales syndicales, promettent d'agir « autrement ».

« La situation que vit le Togo depuis 5 mois, le conduit inexorablement, si l'on y prend pas garde, à des lendemains très difficiles », a renchérit Komlan Nouwossan, secrétaire général de l'UNSIT. Le responsable syndical a confié leur crainte que la crise ne conduise des entreprises a fermé leurs portes. Pour lui, cet état de chose est synonyme de perte d'emplois, et donc d'augmentation du taux de chômage estimé déjà à 4% selon les autorités togolaises et à un peu plus de 28% par certains experts observateurs.

La crise politique a démarré depuis le 19 août 2017 alors que le gouvernement avait réprimé dans la violence des manifestations l'opposition qui réclamait le retour à la constitution de 1992 et le vote de la diaspora.

Depuis, des séries de manifestations ont suivi avec plusieurs morts et blessés et des dégâts matériels et financiers. Pour résorber la crise, un dialogue est évoqué avec le président ghanéen Nana Akufo-Addo comme médiateur avec la facilitation du président guinéen Alpha Condé. Ce dernier avait proposé dernièrement les dates entre le 23 et le 26 janvier 2018 pour le dialogue politique. Des dates visiblement déjà ratées.

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Une sortie perçue diversement par les jeunes

Cette sortie des centrales syndicales a fait le bonheur de beaucoup de jeunes. A l'Université de Lomé qui connait aussi une crise depuis quelques mois portant sur les revendications des étudiants, on salue même la prise de position des dirigeants syndicaux. « Cela signifie qu'ils ont finalement pris conscience qu'il ne s'agit pas que d'une lutte à portée politique », analyse Angelo, étudiant en Biologie.

« Les syndicats sont un moyen de pression sans égal. Ils agiront pour le social et seront donc plus efficaces. Ils ont l'obligation de faire voir qu'in fine, ce débat n'est pas que politique », a rénchérit, Fabio, étudiant en Sociologie. Son point de vue est partagé par Mawulé, étudiant en Mathématiques qui estime que c'est plutôt une bonne chose. « Ça montre que le peuple est de plus en plus impliqué. Moi j'accorde de plus en plus de crédit à la classe sociale qu'à la classe politique ».

Quant à Eli, étudiant en fin de cycle en droit, donnant l'exemple des syndicats de métallurgie en Allemagne qui ont mis pression sur Angela Merkel, la chancelière, « si les groupements syndicaux unissent leur force dans l'intérêt de trouver une porte de sortie de crise, sous peine d'enchaîner des grèves illimitées, les pouvoirs publics devront céder assez tôt. Et c'est plutôt bon ».

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Ailleurs, toujours à l'Université, on a des avis contradictoires. « On dirait que les syndicats s'alignent plutôt sur les revendications de l'opposition. Ils n'ont qu'à aller marcher habillés en rouge avec les opposants tant qu'on y est », dénonce Ariel, étudiant en Anglais. « C'est vrai qu'au Togo la société civile n'est qu'un mythe. On en a la preuve. Comment construire une nation avec ce monde-là ? », se demande Marceline, étudiante en Médecine.

Sylvain Vidzraku

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