Togo : faible mobilisation aux législatives, la polémique enfle
Sylvain Vidzraku, à Lomé

Togo législatives bureau de vote ceni
DR
Sylvain Vidzraku, à Lomé

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Les autorités togolaises ont commencé à communiquer les chiffres des élections législatives de ce 20 décembre 2018. Les premières données publiées concernent le taux de participation. Selon la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le scrutin n'a pas connu une grande affluence et le taux de participation « provisoire et partiel » est de 59,96%, soit donc un taux d'abstention de 40,04%. Ces chiffres s'expliquent d'une part, par une très faible mobilisation dans la capitale togolaise, Lomé ainsi qu'à Sokodé dans la région centrale, des bastions de l'opposition, et d'autre part par une forte mobilisation dans les villes de l'intérieur qui sont réputées être plus proches du parti au pouvoir, l'Union pour la République (UNIR).
A Lomé (Grand-Lomé, préfecture du golfe) tout comme à Sokodé, c'était le silence total. Les populations étaient chez elles et très peu d'affluence a été notée. Une situation qu'on peut expliquer par la non-participation au scrutin, de la coalition des 14 partis l'opposition (C14) qui a d'ailleurs appelé de toutes ses forces à un boycott du processus.
Les centres de vote étaient déserts et les agents pouvaient ouvertement s'ennuyer. Dans le Golfe donc, le taux de participation s'est établi à 21,07%. A Sokodé, c'était pire. Dans cette ville longtemps sous surveillance des forces de défense, les populations ne sont « carrément » pas sorties, nous a confié une source à la préfecture de Tchaoudjo qui parle d'une ville très opposée au scrutin.
Par contre dans les autres villes de l'intérieur, le scrutin semble avoir suscité beaucoup d'intérêt. Dans la Kozah où le chef de l'Etat Faure Gnassingbé lui-même a voté, on enregistre un taux de participation de 85%. A Sotouboua-Mô, 94,59%, à dans le Kpendal Ouest, 84,91%, dans l'Oti sud, 84,27%, à Doufelgou 88,34% et dans la Kéran, 84,89%, pour les localités du nord du pays. Plus vers le Sud du Togo, Blitta a enregistré un taux de 93,75%, le Moyen-Mono, 86,48%, l'Est-Mono, 74,72%, le Zio, 52,07%, dans le Vo, 49% et Agoè-Nyivé (1 à 6), 52,70%.
Rappelons que les chiffres publiés par la CENI sont fortement contesté par l'opposition qui dénonce un gonflement de chiffre.
Elle s'était déjà inscrite en faux contre le nom de personnes qui s'étaient enregistrées et qui s'élevait à plus de 3 millions de Togolais selon la CENI.
En attendant la proclamation des résultats du scrutin, pour lesquels, la CENI dispose encore de quelques quatre jours, le gouvernement a déjà déclaré sa satisfaction, annonçant vouloir tourner cette page.
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S'exprimant aux micros de médias locaux, le ministre a évoqué la suite des événements. « Maintenant, il va falloir fermer la page des débats politiques et des élections législatives. Cela ne signifie pas qu'il ne faut pas continuer avec des efforts d'ouverture et d'apaisement du climat socio-politique, mais il va falloir se concentrer davantage sur les véritables préoccupations et aspirations des togolais, pour de meilleures conditions », a annoncé Bawara.
Du côté de la C14, même si on n'a pas participé au scrutin, on reste très attentif. Les responsable parlent d'un « scrutin de la honte » et se sont réjouis de la réaction du peuple qui « n'est massivement pas sorti pour voter ». Brigitte Adjamagbo-Johnson, la coordination de la Coalition parle même d'un « coup pour rien » du pouvoir.
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Pour sa part, le chef de l'opposition a dénoncé une attitude de complaisance de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) vis-à-vis du régime. « Nous avons été déçus, très déçus du silence incompréhensible de la CEDEAO qui confine à la même complaisance ou même à la complicité. Ce silence est étrange », s'est plaint J-P. Fabre.
Sylvain Vidzraku, à Lomé