RDC : la campagne est lancée, mais les élections auront-elles lieu ?

Corneille Naanga
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Coup d'envoi donné ! Pendant un mois, les électeurs congolais pourront suivre et se convaincre des programmes des 21 candidats à la présidentielle, des 15 355 candidats aux législatives et des 19 640 prétendants au fauteuil provincial pour les élections. Depuis ce 21 novembre à minuit, les candidats vont sillonner les quatre coins du pays pour espérer se faire élire.
Les 40 millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour choisir leur président de la République lors d'une transition historique pour désigner le successeur de Joseph Kabila, deux ans après l'expiration constitutionnelle de son mandat. Le scrutin sera aussi l'occasion de choisir les 500 députés de l'Assemblée nationale et les 715 sièges des parlements provinciaux.
Dauphin désigné de Joseph Kabila, la campagne d'Emmanuel Ramazani Shadary, du Front commun pour le Congo (FCC, mouvance présidentielle) a démarré dans le drame : trois de ses partisans ont été tués après avoir été kidnappés dans la région du Kasaï-Central. Pour la présidentielle, le dauphin compte non seulement sur des alliés de dernière minute qui l'ont rejoint la veille du lancement de sa campagne, mais aussi sur la division de l'opposition.
C'est justement à contre-courant de la division que rame Martin Fayulu. Après un retour retardé, mais triomphal à Kinshasa, le candidat de «Lamuka», plateforme mise en place par l'imparfait Accord de Genève, a pu se lancer devant une mobilisation concertée de ses alliés Bemba, Katumbi, Matungulu. Mais le candidat commun d'une frange de l'opposition ne sera pas le seul challenger. Vital Kamerhe pour l'UNC, partisan de la relance de la production locale, ou Félix Tshisekedi de l'UDPS, pour un changement politique, ont fait cavaliers seuls, après leur retrait polémique de l'Accord des opposants. Ils ont lancé leur campagne chacun de son côté.
L'enjeu est peut-être ailleurs. La crédibilité et la transparence des trois scrutins ont toujours posé un problème sur lequel pouvoir et opposition n'ont pu se mettre d'accord. Au-delà, l'attitude de l'opposition dans les prochains jours est à observer de très près. Les 106 000 machines à voter, fortement contestées par l'opposition, sont la véritable pomme de discorde.
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D'un côté, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) assure que leur distribution, bien que chaotique, sera fin prête le jour du vote. De l'autre, l'opposition envisage de boycotter le scrutin en cas de non-nettoyage d'un fichier électoral où l'on signale 6 millions d'électeurs sans empreinte digitale. Mais la doléance la plus répétée de l'opposition est que la machine à voter soit écartée des mécanismes de vote lors des trois scrutins.
Ce tiraillement entre une commission électorale accusée de jouer le jeu du pouvoir et de l'opposition peut-il conduire au report du scrutin ? Corneille Naanga, président de la CENI, assure que les scrutins se tiendront bien le 23 décembre 2018. Mais quelle crédibilité aurait son instance si d'aventure les opposants se retiraient de la course au Palais du Peuple ? Les prochains jours nous éclaireront.
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Pour d'autres observateurs, l'on s'éloigne de l'essentiel. Les opposants qui ont tout misé sur la présidentielle ont raté le coche avec les scrutins législatif et provincial pour lesquels les opposants ont présenté des listes qui ne couvrent pas tout le territoire national. Même si un opposant venait à être porté au palais présidentiel, le pays serait ingouvernable, sans majorité à l'Assemblée nationale. Le piège semble s'être refermé sur l'opposition qui a perdu son énergie plus à contrer les manœuvres du pouvoir qu'à se préparer convenablement pour les élections. De là viendront les premières contestations.
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