Les liquidités continuent d'affluer fortement dans la zone euro

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La masse monétaire M3 a grimpé en novembre à un rythme jamais atteint depuis février 1990. Mais la BCE ne devrait pas s'en inquiéter outre mesure, car les crédits sont sur une pente descendante.

C'est la plus forte croissance depuis février 1990: la masse monétaire M3 en zone euro a augmenté de 9,3% en novembre sur un an contre 8,5% en octobre. Cette hausse est de surcroît supérieure aux attentes des économistes qui tablaient sur une augmentation de 8,7%. Sur la période septembre-novembre, considérée comme plus significative car elle permet de lisser les fluctuations, la hausse de l'agrégat monétaire a aussi été très forte, à 8,8% sur un an, contre 8,4% en août-octobre. Sans doute les six tours de vis de la Banque centrale européenne sont-ils insuffisants pour limiter la liquidité dans la zone.

Cependant un tel constat est à nuancer au regard de la composition de l'agrégat. Car la BCE regarde surtout l'évolution des crédits. Or la hausse des crédits dans la zone euro a ralenti à 8,7% sur un an contre 9,1% en octobre. Par ailleurs, les crédits au secteur privé et aux ménages en zone euro sont restés stables en novembre sur un an, respectivement à 11,2% et 8,7%, comme le mois précédent. De plus, l'augmentation des prêts hypothécaires a reculé à 10,2% contre 10,4% en octobre. De quoi rassurer la BCE sur la surchauffe immobilière dans certains Etats membres.

"En résumé, les mouvements de hausse des taux ont un impact, mais encore insuffisant, sur la masse monétaire", conclut Stuart Bennett, chez Calyon. La BCE devrait donc poursuivre sa politique monétaire restrictive dans les prochains mois. "D'ailleurs, les propos tenus récemment par ses membres vont dans ce sens, avec hier ceux de Mersch indiquant que la forte croissance économique et les liquidités constituent encore des risques inflationnistes. Nous attendons un taux directeur à 4% fin juin contre 3,5% aujourd'hui", indique l'économiste.

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