Copé regrette l'exil fiscal de Johnny Hallyday

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Le ministre délégué au Budget reconnaît que la France souffre encore de d'un certain nombre de délocalisations de grandes fortunes et ce malgré la mise en place du bouclier fiscal.

Jean-François Copé en convient, la France "n'a pas résolu tous ses problèmes d'attractivité fiscale". Le ministre délégué au Budget, qui s'exprimait ce matin devant l'Association des journalistes économiques et financiers, tirait ainsi les leçons de la décision de Johnny Hallyday de s'installer à Gstaad, en Suisse, où il passera six mois et un jour par an, ce qui lui permettra de bénéficier du forfait fiscal suisse.

"Si c'était que Johnny... Le problème ce n'est pas Johnny, le problème c'est qu'on a encore des délocalisations d'un certain nombre de grandes fortunes". Pour autant, le ministre considère également que ce départ qui s'ajoute à celui d'autres personnalités ne pose pas tant "la question de la législation fiscale parce que le bouclier apporte des réponses très fortes sur le sujet".

Selon ce dispositif, les impôts directs d'un contribuable ne peuvent désormais dépasser 60% de ses revenus. Le ministre délégué au Budget estime que la France ne peut faire l'économie d'un débat autour de ces questions et que l'on doit s'interroger sur "ce qui fait que des gens qui ont des situations financières importantes pensent qu'ils doivent partir".

Sur ces questions de fiscalité, Jean-François Copé estime néanmoins qu'il est aujourd'hui "impossible d'être favorable à la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune. Cela a pris des proportions tellement passionnelles qu'un discours comme cela n'est pas tenable". Le ministre estime cependant que la "question de la résidence principale est légitime. Le programme législatif de l'UMP s'engage à "explorer la piste de l'exonération de la résidence principale". En 2006, l'ISF devrait rapporter 3,64 milliards d'euros dans les caisses de l'Etat et concerner environ 450.000 personnes.

L'exil fiscal du chanteur - qui figure parmi les soutiens de Nicolas Sarkozy - suscite la polémique et les réactions. Au gouvernement, le ministre de l'Emploi et de la Cohésion sociale Jean-Louis Borloo a dit jeudi être peiné par l'éventuel départ de Johnny Hallyday en Suisse pour des raisons fiscales, alors que le ministre délégué à l'Emploi Gérard Larcher disait être "un peu choqué".

A gauche, le parti socialiste, a recommandé au président de l'UMP de se "méfier de ses propres amis". François Hollande, premier secrétaire du PS, aux déboires de deux autres personnalités qui se sont ralliées à Nicolas Sarkozy, à savoir Doc Gyneco qui connaît des problèmes avec le fisc, et l'animateur Pascal Sevran et ces déclarations sur la sexualité en Afrique.

Jean-François Copé reste calme sur l'euro
L'euro est-il trop fort ? Face à la polémique qui épisodiquement enflamme les relations entre la France et la Banque centrale européenne (BCE), Jean-François Copé a estimé qu'il fallait "rester calme avec le niveau de parité" de l'euro et "faire preuve de pragmatisme". D'une part le ministre a souligné les effets positifs d'une parité élevée de l'euro face au dollar puisqu'elle diminue notre facture énergétique, d'autre part il a rappelé qu'il considérait que "le niveau d'une monnaie c'était le thermomètre d'une économie". Ces remarques faites, le ministre a rejoint Thierry Breton, le ministre des Finances, dans la nécessité de rester vigilant sur ces questions et donc d'adresser ce message de vigilance aux partenaires européens de la France. Enfin Jean-François Copé, qui juge la situation économique de la France "satisfaisante", considère également que l'appréciation de l'euro par rapport au dollar doit inciter à des "réformes structurelles" pour moderniser l'économie.

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