Si l’on a vu les agriculteurs dans la rue, les tracteurs envahir les ronds-points et autoroutes, le peuple s’émouvoir de conditions de travail décriées, les pêcheurs revendiquent, eux aussi, une situation de plus en plus préoccupante. « Après les confinements liés à la pandémie de Covid-19, la filière s’est retrouvée bloquée avec notamment moins de vente à destination des restaurants », explique Céline Casamata, directrice générale de la Coopérative Maritime Pêcheurs Azuréens. En 2024, 474 000 tonnes ont été pêchées par les navires français, un chiffre en légère hausse par rapport à l’année précédente mais la flotte française a diminué de plus d’un quart en vingt ans. En 2023, l’Hexagone comptait 4 240 navires, dont 3 411 de moins de 12 mètres, selon l’établissement national des produits de l’agriculture et de la mer, FranceAgriMer.
Dans les départements des Alpes-Maritimes et du Var, la petite pêche locale cherche alors, pour survivre, un moyen de développer de nouvelles débouchées économiques. En se préoccupant notamment des poissons invendus, bien souvent des espèces moins connues et moins appréciées des restaurateurs et des particuliers. Grâce au plan de relance et au soutien du comité départemental, les pêcheurs se regroupent dans une structure, « La Petite Fabrique », qui rachète la pêche du jour invendue, permettant de la transformer de A à Z en bocaux, pots de tartinades, soupes, effilochés, tapas.