Lufthansa renforce ses vols sur l'Inde

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La compagnie allemande vient d'y ouvrir sa sixième destination. Leader sur l'Asie, elle profite de ses deux hubs de Francfort et Munich, qui permettent un transfert rapide sur 20 villes nord-américaines et 200 en Europe pour attirer sa clientèle.

Malgré la concurrence accrue d'Air France et British Airways, la Lufthansa n'a pas l'intention d'abandonner sa position de leader en Asie. La compagnie aérienne vient d'ouvrir sa sixième destination sur l'Inde, ce qui lui permet d'assurer 45 liaisons au total par semaine de Francfort ou Munich, soit 20.000 places, alors qu'elle n'en offrait que 23 en 2003. Un volume qu'elle propose aussi sur la Chine mais sur seulement quatre destinations.

Outre ses vols quotidiens vers Delhi, Mumbai (Bombay), Bangalore, Chennai (Madras) et Hyderabad, elle relie depuis le 1er décembre trois fois par semaine Francfort à Kolkata (Calcutta). Un retour en arrière, puisque la ville de mère Theresa a été sa première destination sur le sous-continent indien en 1959. Trente-cinq ans après avoir suspendu la ligne, la Lufthansa estime aujourd'hui le potentiel suffisant pour s'y réinstaller.

Avec treize millions d'habitations et une forte industrie sidérurgique et informatique, la deuxième agglomération urbaine indienne vient de comprendre qu'il lui fallait aussi s'ouvrir vers l'étranger si elle ne voulait pas rester en arrière. "L'ouverture de cette liaison directe va nous permettre de développer les contacts avec les sociétés allemandes, mais aussi européennes", s'est d'ailleurs félicité le Premier ministre communiste du Bengale de l'Ouest, lors de la cérémonie d'inauguration.

Lufthansa profite aujourd'hui non seulement de sa présence précoce en Inde mais également de deux hubs performants à Munich et Francfort qui lui permettent d'assurer des liaisons rapides sur l'ensemble de l'Europe et sur 20 destinations sur le continent américain. 60% des passagers en provenance d'Inde continuent ensuite vers une autre ville, dont la plupart vers le continent américain. De nouvelles liaisons vers l'Inde à partir de Munich sont d'ores et déjà programmées.

"Du point de vue des horaires, c'est le meilleur enchaînement", assure le manager des voyages de la banque américaine HSBC. Thierry Antinori, le vice-président chargé du marketing et des ventes de la compagnie allemande, voit un potentiel pour dix destinations sur le sous-continent. Il estime ses avantages par rapport à la concurrence, outre son réseau sur les Etats-Unis, dans le service offert. Il compte près de 200 personnels de bord de nationalité indienne, offre un menu, des films ou des journaux indiens, et surtout un service d'accueil spécifique à l'arrivée à Munich et Francfort pour faciliter le transit.

Aujourd'hui, les liaisons sur l'Asie totalisent déjà 20% du chiffre d'affaires de la division passagers contre 25% pour les Etats-Unis. "Nous devons y renforcer notre assise, l'Asie est aujourd'hui le marché en forte croissance alors que les perspectives en Europe de l'Ouest sont nettement moins favorables", précise l'ancien manager d'Air France, débauché en 1997 par Lufthansa alors qu'il dirigeait la filiale allemande de la compagnie française.

Il n'est pas prévu en revanche pour l'instant de monter dans le capital d'une société indienne ou chinoise. Les alliances avec Air India et Jet Airways en Inde et Air China et Shanghai Airlines en Chine suffisent. Car les visées du groupe allemand se focalisent clairement dans un premier temps sur le marché européen.


Grandes manoeuvres et rapprochements
L'appétit de la Lufthansa est loin d'être assouvi. Après Swiss, dont l'intégration est quasiment terminée, la compagnie allemande n'exclut visiblement pas de nouveaux rapprochements. Avec 3% de part de marché mondial, elle juge inévitable une consolidation. Mais avec qui? Les liens avec ses partenaires habituels que sont SAS ou Austrian Airlines devraient se resserrer. Pas forcément tout de suite. Une coopération avec Iberia présente aussi visiblement un certain charme pour Lufthansa qui, depuis l'affaiblissement de Varig, ne peut plus compter que sur la TAP pour l'épauler dans ses liaisons sud-américaines. La compagnie espagnole cependant est partenaire de One World et British Airways en détient une participation minoritaire. Autant dire qu'un rapprochement nécessite d'abord qu'Iberia coupe les ponts avec ses partenaires actuels, ce qui n'est pas forcément aussi simple. Habile, elle précise toutefois haut et fort que sa stratégie en cas de rachat est bien de conserver aux marques leurs indépendances. Un détail qui pourrait faciliter ses ambitions.

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