Israël s'empare d'un bastion du Hezbollah au Sud-Liban

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Israël vient de réaffirmer sa détermination à neutraliser le Hezbollah libanais, faisant s'envoler tout espoir d'un cessez-le-feu rapide dans le conflit sanglant qui l'oppose au mouvement chiite. L'armée a par ailleurs affirmé avoir pris le contrôle de la ville libanaise de Bint Jbail, bastion du "parti de Dieu" situé à quelques kilomètres de la frontière.

Pendant que les initiatives diplomatiques se multiplient autour du Liban, les attaques se poursuivent sur le terrain. D'après des responsables militaires israéliens, Tsahal aurait pris le contrôle de Bint Jbail, situé a environ deux kilomètres de la frontière avec Israël. Fief du Hezbollah dans le sud du Liban, c'est la deuxième localité à tomber dans les mains de l'armée israélienne après la semaine dernière le village de Maroun al-Ras. "Nous sommes en train de stabiliser la situation en vue de prendre complètement le contrôle de la localité", a déclaré à la radio de l'armée israélienne le lieutenant-colonel Itzik Ronen, commandant adjoint d'une unité opérant dans le secteur. Une information qui a été démentie par le parti chiite même s'il reconnaît l'existence actuellement d'affrontements violents.

Si les troupes israéliennes ont poursuivi leur progression depuis deux jours, un haut responsable militaire a cependant affirmé que l'offensive terrestre n'ira pas au-delà du Sud-Liban. "Nous n'avons pas l'intention d'étendre nos opérations à 70 km au nord de notre frontière avec le Liban. Nous allons nous occuper de l'infrastructure du Hezbollah qui est à notre portée dans le sud du pays", a-t-il détaillé. Un autre officier supérieur a précisé à la radio publique que l'armée comptait toutefois élargir son champ d'action vers d'autres agglomérations de cette région.

Si l'accent semble mis sur l'offensive terrestre depuis quelques jours, les raids aériens menés par l'armée israélienne sur le Sud-Liban sont toujours aussi intenses. Mardi matin, sept membres d'une même famille ont été tués dans un bombardement sur leur habitation dans la ville de Nabatiyé, 75 km au sud de Beyrouth. Selon la police, la maison a été frappée par un missile et a été totalement détruite.

Sur le terrain politique, les dernières déclarations d'Israël éloignent tout espoir d'une trêve rapide dans le conflit qui déchire le Liban depuis 14 jours. En pleine mission de la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, Shimon Perez, vice-premier ministre et prix Nobel de la paix a réaffirmé la détermination d'Israël à neutraliser définitivement le Hezbollah. "L'offensive en cours au Liban est une question de vie ou de mort pour Israël", a-t-il déclaré devant la Knesset. Ajoutant que le peuple libanais n'a pas non plus le choix. Ehud Olmert, premier ministre israélien, a de son côté réaffirmé "sa détermination à continuer de se battre" contre le "parti de Dieu", promettant les "mesures les plus sévères contre ceux qui tirent des milliers de roquettes contre des civils innocents".

La secrétaire d'Etat américaine qui a soumis depuis 24 heures des idées aux autorités libanaises et israéliennes pour mettre fin à la guerre semble avoir du mal à convaincre. En effet, selon le quotidien Le Monde, Condoleezza Rice aurait proposé au gouvernement libanais, lors de sa visite surprise hier à Beyrouth, "un schéma en deux volets, considérés comme les deux conditions d'un cessez-le-feu : déploiement d'une force d'interposition internationale et de l'armée libanaise au sud du fleuve Litani, c'est-à-dire à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec Israël, de manière à créer une sorte de zone tampon qui éloignerait d'autant la présence du Hezbollah, et le retour des personnes déplacées dans leurs foyers".

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